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Le temple du soleil à Konarak

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Sun Temple In Konarak

Le temple du soleil à Konarak

Le temple du soleil de Konarak est un des sites archéologiques les plus mythiques de l’Inde

Le temple de Sûrya – appelé aussi la Pagode noire – se trouve dans le village de Konârak dans l’État de l’Orissa en Inde. Son architecture et sa décoration font de ce temple un bâtiment majeur de l’Orissa qui est un état célèbre en Inde pour la beauté et la multitude de ses temples, mais aussi de l’Inde entière. Construit à la fin du style de l’Orissa (milieu du xiiie siècle), il se trouvait à l’origine sur le rivage, mais l’ensablement de la côte l’en a éloigné. On trouve un autre temple de Sûrya remarquable, ils ne sont pas très nombreux en Inde, à Modhera dans le Gujarat.

Vous allez aimer ! Pas de drogue ni de rock n’roll à Konarak, mais en revanche beaucoup de sexe !… Vous souhaitez nous y rejoindre ? Rien de plus simple : rendez-vous tout d’abord a Bhubaneswar, petite bourgade indienne de 600 000 habitants et accessoirement capitale de l’état de l’Orissa, à l’Est du pays. En cette fin de mois de mars la douce température de 40 degrés au soleil (quelle est-elle au coeur de l’été ?… nous ne voulons pas le savoir) est idéale pour visiter l’une des attractions principales de la région, le Temple du Soleil à Konarak (que l’on trouve également écrit Konark). Pour vous y rendre, grimpez dans un de ces bus indiens rutilants (!), bondé bien entendu, puis profitez de la ballade pendant les 65 km que vous effectuerez en 1h30 environ.

Ca y est, vous y êtes ! Le temple se trouve désormais à trois kilomètres de la côte ; il fut pourtant construit proche du rivage et pouvait autrefois être vu par les marins, qui s’en servaient comme d’un important repère de navigation (le temple, construit de pierres sombres, fut d’ailleurs surnommé la « pagode noire »). Mais la nature est joueuse, la mer a reculé depuis et seul le sol sablonneux qui environne le temple permet de se figurer l’emplacement de l’époque de cet édifice. Nous avons choisi de louer les services d’un guide officiel pour découvrir les lieux et bénéficier des récits de légendes, faits historiques ou encore explications mythologiques et religieuses inhérentes au temple.

Soyons francs, nous n’avons pas tout retenu et la complexité des sujets abordés, bien que passionnants, nous noie bien souvent. Lorsqu’il s’agit d’architecture ou d’histoire, nous parvenons à nous accrocher. Quand il s’agit de religion, nous faisons de notre mieux (le panthéon hindou compte plus de 330 millions de divinités !), nous connaissons « les bases ». Mais lorsque notre ami Krushna se lance (à notre demande toutefois) dans des considérations de philosophie hindoue, de tantrisme ou autre, nous lâchons malheureusement prise. Nous apprenons chaque jour, nous verrons quel niveau notre connaissance de l’Inde aura atteint après les 7 semaines que nous y passerons…

Voici donc un petit résumé des informations que nous avons rassemblées. Ce temple est dédié à Surya, le Dieu du Soleil dans la mythologie hindoue. Konarka, le nom initial du lieu, provient de deux mots issus du sanskrit, « kona » qui signifie « angle » et « arka », le soleil. Construit entre 1243 et 1255 par le roi Narasimha Deva Ier de la dynastie Ganga, la conception et les caractéristiques géométriques de cet édifice sont en effet liées à l’incidence du soleil. Son entrée principale, donnant évidemment vers l’Est (soleil levant), présente une immense porte. Celle-ci est le matin frappée des rayons du soleil sous des angles différents selon la période de l’année. Ces rayons sont comme guidés, ou plutôt « escortés », par une enfilade de constructions en pierre disposées sur une plate-forme précédant l’entrée du temple. Vous n’avez pas tout compris ? Ca n’est pas bien grave, accrochez-vous encore un peu et rappelez-vous que nous vous avons promis du sexe.

Le temple tout entier représente un immense chariot de pierres comportant 24 roues et tiré par 7 chevaux, courant vers l’Est. Quant aux 24 roues, 12 de chaque côté du temple, elles font ici référence aux 12 mois de l’année et donc aux 24 quinzaines, éléments cycliques de l’époque. Une grande partie du temple a été détruit, notamment sa tour sanctuaire de 70 mètres de haut (le temple culmine aujourd’hui à environ 40 mètres). Il reste néanmoins un bon nombre de roues ; chacune d’entre elles, construite de pierre et mesurant 3 mètres de diamètre, présente des bas-reliefs au thème spécifique à chaque roue, et sert également d’horloge solaire.

Des bas-reliefs, il y en a d’ailleurs tout le long des murs du temple, et elles valent le détour ! Outre des figures symboliques destinées à la protection du temple face aux éléments naturels (serpents contre les tremblements de terre par exemple) ou à la marque de dévotion aux dieux, ce sont bel et bien, il faut le reconnaître, les représentations à connotation sexuelle qui ne peuvent manquer d’attirer l’attention. Fellation, masturbation, orgie,… Bien sûr, certains pourraient être quelque peu choqués par ces créations artistiques et les photos que nous en ramenons, et encore il ne s’agit que d’une partie infime de ce que l’on peut découvrir à Konarak.

Toutes les positions, pratiques et mises en situation présentées par ailleurs dans le Kama Sutra sont là. Rappelons que ce célébrissime recueil indien, écrit entre le IV ème et VII ème siècle après JC, s’adressait à l’origine à l’aristocratie indienne, à laquelle il prodiguait entre autres conseils sur l’acte sexuelle, la relation amoureuse ou encore le comportement en couple. Même si ce thème des pratiques amoureuses est de fait indissociable de la culture hindoue, nous ne nous expliquons pas la profusion de scènes sexuelles sur les murs du Temple de Surya, d’autant que sur d’autres temples hindous que nous avons pu découvrir (en Indonésie par exemple) nous n’avions pas constaté la présence de ce thème. Notre guide Krushna invoque le fait qu’à l’époque, les guerres décimant la population, l’un des objectifs du Roi, à travers la représentation de ces bas-reliefs, était clairement d’inciter le peuple à la procréation.

Pour compléter la description sommaire de ce site, ajoutons tout d’abord que deux lions en pierre gardent l’entrée du temple, surmontant chacun un éléphant qui lui-même écrase un homme : on trouve ici le symbolisme du pouvoir (lion) et de la richesse (éléphant), qui ajoutés l’un à l’autre ne peuvent être que dévastateurs. Par ailleurs, sur chacune des trois faces du temple autres que celle de l’entrée, se dresse une statue en chlorite représentant Surya avec un visage différent : souriant au Sud (beaucoup de soleil), mécontent à l’Ouest (le soleil se couche) et indifférent au Nord. Enfin, précisons que depuis 1904, l’intérieur du temple a été rempli, muré et scellé par les Britanniques, qui constatèrent la fragilité dangereuse des murs intérieurs. En effet, le temple fut soumis à de très importantes dégradations, guerrières (venue des Moghols) mais surtout naturelles. Le sol sablonneux, particulièrement instable, est responsable en grande partie de la détérioration de l’édifice.

De grands travaux de restauration sont actuellement en cours. Krushna nous explique que l’Unesco, qui a classé ce site sur la liste du patrimoine mondial en 1984, participe aux efforts désormais mis en oeuvre pour mener à la consolidation puis à la réouverture de l’intérieur du temple. Nul doute qu’il sera passionnant de découvrir ce que renferme cet immense complexe de pierre. Nous entamons ici la longue liste des sites classés par l’Unesco que nous parcourons en Inde. La visite de ce temple nous aura conforté dans une idée attendue : l’Hindouisme est d’une complexité impressionnante, nous ne comprenons pas tout (!) mais chaque nouvel apprentissage que nous faisons nous ravit et nourrit notre enthousiasme à l’idée d’en découvrir encore davantage !

D’après la légende, le prince Sâmba, fils de Krishna et de Jambavati, avait ridiculisé Nârada, un saint homme fort laid. Ce dernier se vengea en indiquant à Sâmba une pièce d’eau où de nombreuses femmes se baignaient après avoir ôté leur sari. Tandis que le jeune homme jouissait du spectacle, Krishna, averti par Nârada, arriva et découvrit son fils qui regardait ses belles-mères, les épouses de Krishna, au bain.

Furieux, le dieu punit son fils en lui inoculant la lèpre. Plus tard, Sâmba lui fournit la preuve qu’il avait été manipulé, mais il était trop tard pour que Krishna puisse retirer sa malédiction. Le jeune homme se tourna alors vers Sûrya, le dieu qui guérit tous les maux, ceux de la peau particulièrement, se dirigea vers la côte et découvrit au nord de Puri une image du dieu assis sur une fleur de lotus. Il s’installa sur les lieux et fit une pénitence de douze ans à l’issue de laquelle il fut guéri. En remerciement, il érigea un temple, le premier sur le site de Konârak.

Il semble que cette légende soit la transposition locale d’une forme originale se déroulant sur les rives de la rivière Chandrabhaga, aujourd’hui la Chenab, un affluent de l’Indus, au Panjâb. Les faits légendaires se seraient en fait déroulés à Mûlasamburu, l’actuelle Multân au Pakistan, où l’on trouve aussi un temple de Sûrya. Lorsque le site de Konârak fut devenu un centre important de vénération de Sûrya, la légende fut relocalisée ici pour légitimer le lieu.

Le premier temple à avoir été construit serait, d’après le Mandalapanji, une chronique médiévale, l’œuvre du roi Purandarakesari. Le temple principal1 – dit temple 1 – est construit par le roi Narasimha Deva Ier de la dynastie des Ganga de l’est, tout le long de son règne qui s’étale de 1238 à 1264. Nous avons conservé le nom d’un certain nombre d’architectes qui ont participé à sa réalisation : Shadâshiva, Sâmantarâja, Gadhâdhara Mahâpâtra, Ganga Mahâpâtra, Nârâyana Mahâpâtra, Vishvanâtha Mahâpâtra. Mahâpâtra signifie grand architecte. Les raisons de l’érection du bâtiment par Narasimha ne sont pas connues avec exactitude, peut-être pour remercier Sûrya de l’avoir guéri d’une maladie – comme Sâmba – ou bien en remerciement d’une prière pour la naissance d’un prince en bonne santé. Son fils Bhânu – un autre nom de Sûrya – sera d’ailleurs le premier de la dynastie à porter un nom solaire. On propose aussi comme raison à cette construction la commémoration d’une victoire des Ganga contre les musulmans qui envahissaient la région à l’époque et qui y saccagèrent d’ailleurs un grand nombre de temples. Le chroniqueur et secrétaire personnel d’Akbar, Abû’l Fadl, qui le visita écrivit : « Même ceux qui ont le jugement critique et sont difficiles à satisfaire, restent étonnés à sa vue. » Il affirme aussi que la construction du temple engloutit douze années de revenu de la province.

Les raisons de l’effondrement du sikhara du temple principal ne sont pas certaines. On accuse des fondations inadéquates, l’action de la foudre ou un tremblement de terre en 1630, certains prétendent même que le bâtiment ne fut jamais vraiment terminé. Mais l’hypothèse d’une dégradation graduelle après que le bâtiment a été déconsacré est celle qui prévaut généralement. En effet, après un assaut, au xvie siècle, des musulmans du Bengale qui s’emparèrent du kalasha, le finial en forme de vase, et de la dhvaja, la bannière au sommet du deul, le temple perdit son caractère sacré et ne fut plus en fonction. D’ailleurs on ne sait pas ce qu’est devenue l’effigie de Sûrya, peut-être un disque solaire métallique, peut-être une idole de bois, donc périssable, comme celle de Jagannâtha de Puri, qui y était vénérée. S’appuyant sur cette absence, certains pensent que le temple ne fut jamais consacré.

Le spécialiste de l’architecture indienne James Fergusson qui le visita en 1837 en fit quelques dessins et estima la hauteur des restes d’un coin du sikhara à quelque 45 mètres. Plus tard, en 1868, donc après le tremblement de terre, lors de son passage, l’archéologue Rajendralala Mitra ne voit dans le bâtiment qu’un amas de pierres où poussent ici ou là quelques arbres pipal. Fergusson note aussi que quelques sculptures ont été prélevées par le râja Kurdah pour décorer le temple qu’il se fait construire dans son fort. Les marathes ont aussi enlevé un Aruna qu’ils installent au temple de Jagannâtha à Puri.

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