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Est-il sûr de voyager en Inde maintenant?

Lorsqu’une personne décide de se rendre l’autre bout du monde, la première chose qui doit lui venir à l’esprit est la question de la sécurité. Est-il sécuritaire de voyager en Inde maintenant? C’est une question posée par tous les touristes qui veulent aller en Inde. L’Inde est un endroit très attrayant pour la plupart des touristes. En fait, il est très populaire dans le monde entier pour ses pèlerins, mosquées, monuments, palais, et bien d’autres choses.

La sécurité n’est pas un problème en Inde. Les résidents locaux sont tout à fait accueillants et amicaux. Le pays rend hommage à différents types de religions, y compris les bouddhistes, chrétiens, sikhs, musulmans, hindous, juifs, zoroastriens, et des jaïns. C’est sûrement un pays où les gens de différentes croyances religieuses se réunissent et vive en harmonie.

La paix et la sécurité sont étroitement surveillées par les autorités locales vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les rues de l’Inde sont vraiment occupées par des millions de personnes qui viennent de partout dans le monde et qui visitent le pays chaque année. Afin de maintenir l’afflux de touristes, le gouvernement national et local veille à ce que tout soit en ordre. Toutes les règles et les règlements doivent être strictement respectés ainsi que les lois mises en œuvre.

Tous les pays sont particulièrement attrayants aux yeux des voyageurs fréquents. Mais l’Inde est un pays différent qui est en mesure de créer des souvenirs durables pour les voyageurs et c’est pourquoi ils veulent revenir quand ils en ont la chance. Il y a beaucoup d’endroits à visiter comme le Rajasthan, Goa, Kerala, Delhi, Jaipur, Agra, Bénarès et de nombreux autres sites touristiques. Vous pouvez profiter des plages de sable fin, des montagnes, jardins, parcs, monuments et du patrimoine. Il y a aussi beaucoup de sites pittoresques que vous pouvez visiter.

Même si certaines religions s’opposent, les gens parviennent encore à vivre en paix. L’Inde est un pays qui craint Dieu et qui est plein d’amour alors vous pouvez vous attendre à être en sécurité en tout temps. Mais cela ne signifie pas que vous pouvez baisser la garde. Il serait encore préférable d’être prudent dans tout ce que vous faites puisque vous êtes seulement un touriste. Toujours s’attendre à l’inattendu; être prêt à tout, on ne peut prédire ce qui peut se produire.

Voyager en Inde est un bon moyen de trouver la foi et la croyance perdue. Il y a de nombreux pèlerins que vous pouvez rejoindre. Vous pouvez également visiter des mosquées et des monuments du patrimoine. Vous pouvez aussi voyager avec vos amis et votre famille. De cette façon, vous pouvez passer plus de temps avec vos proches et vous en rapprocher en vous créant des souvenirs inoubliables. Vous devez toujours faire attention dehors pour la sécurité des uns et des autres pour éviter tout incident fâcheux.

L’Inde est encore un des pays les plus sûrs à visiter en Asie. Bien qu’il existe des menaces terroristes dans d’autres pays asiatiques, l’Inde demeure sécuritaire. C’est une des raisons pourquoi il y a encore plus de touristes qui le visitent chaque année dont le nombre augmente chaque année. Plus il y a de touristes plus le pays peut s’attendre à davantage de revenus et donc ils n’auront pas de problèmes dans la mise en œuvre de leurs programmes de sécurité parce qu’ils ont assez d’argent à dépenser pour elle.

Avez-vous encore cette question en tête – «Est-il sûr de voyager en Inde maintenant? Vous n’avez pas à avoir de doutes. Il faut partir maintenant car aujourd’hui nous vivons la meilleur période pour visiter l’Inde. Découvrez la beauté que tout le reste du monde parle et jalouse. Allez donc voir pour vous-même et préparez-vous à voyager en Inde les meilleurs délais et dans les meilleures conditions.

Sur les traces du Tibet dans le nord de l’Inde

LA ROUTE
Au sortir de Delhi en direction du Nord, il y a deux cent kilomètres d’une autoroute à deux voies dans chaque sens, correcte mais insuffisante pour répondre à l’abondance des camions, des bus, des motos, des vélos, des véhicules intermédiaires entre le taxi et le minibus baptisés « tourist taxi », voire des vaches et même des troupeaux de moutons – et des piétons qu’on ne confine pas facilement sur des bas-côtés impraticables.

On circule à gauche – en principe, car vu le mauvais état de la chaussée le milieu de la route est pratiqué autant que possible avec, sur certaines routes secondaires, de véritables slaloms pour éviter les nids de poule, les ornières et des bas-côtés largement effondrés. D’où des symphonies ou plutôt des dysphonies incessantes de klaxons. On s’y fait, d’autant plus que ces interventions sonores ne sont pas malveillantes. « Blow your horn » (klaxonnez) affichent à l’arrière les camions, autrement dit : le milieu de la chaussée est plus praticable mais je suis prêt à me ranger pour vous laisser passer. Et ils le font volontiers. Les chauffeurs sont d’une adresse remarquable et passé le premier kilomètre d’effroi on se laisse prendre au jeu des dépassements acrobatiques.

holy city of Amritsar

J’évoque le Kim de Kipling, son épopée de la route encombrée alors de palanquins et pleine de vie. De nos jours encore l’inattendu vous attend au tournant : à plusieurs reprises en traversant le Pendjab nous longeons des petits groupes de cavaliers Sikhs revêtus de beaux vêtements ornés, de couleurs vives, portant bien sûr turban, chevauchant très droits, oriflamme en tête ; on me dit qu’ils se rendent à une grande fête religieuse dans leur ville sainte d’Amritsar.
La plaine est assez monotone, bordée de vastes champs verts – du blé en cette saison me dit-on, pas du riz, et puis il fait sec ; mais on fait croître aujourd’hui du riz sur terrain sec ; plusieurs champs sont bien jaunes : du colza, dont l’huile est utilisé en cuisine comme chez nous mais aussi pour des massages ayur-védiques ; des bananiers, quelques plantations de canne à sucre, une bambouseraie ; peu d’arbres fleuris ou fruitiers ni même de fleurs. Beaucoup d’eucalyptus, gages d’humidité. Beaucoup plus haut, dans les contreforts de l’Himalaya, nous visiterons des plantations de thé à Palimpur. On longe des bourgades aux imposantes stations-service ; des échoppes s’allongent en bordure de la route, plutôt misérables d’aspect, mais on y découvre la télévision à la tombée de la nuit. Ces échoppes peuvent être habitées à l’arrière ou ses occupants se logent en profondeur dans le village.

À l’approche de la montagne la nuit tombe et la pluie s’y met elle aussi, de plus en plus violente, pour se faire trombes d’eau, tonnerre et grêle – coupures d’électricité pendant la nuit. L’obscurité nous évite de constater l’état préoccupant de la route entre Dharamsala et notre destination, Macleod Ganj, quelques kilomètres plus haut. Nous ne perdons rien pour attendre et le lendemain nous découvrirons à maintes reprises avec un certain effroi l’étroitesse de cette route, ses ornières médianes qui se font lessiveuses par la taille et la profondeur, ses tournants en épingles à cheveux très serrées, sans autre protection contre le vide du côté de la plaine que des jerricans badigeonnés en blanc à moitié rouillés. On nous laissera entendre que nous sommes dans un espace concédé au Dalaï-lama et aux réfugiés tibétains et que les autorités locales ne mettent guère d’empressement à entretenir ce no man’s land pourtant très rentable pour elles.

Tibetan monks

DHARAMSALA
Dharamsala, mot magique, désigne plus qu’une agglomération modeste (19.800 habitants altitude 1219 mètres) «sans grand intérêt », dit le guide, à « l’exception du Kowatli Bazaar et du Kangra Art Museum. La plupart des voyageurs s’installent plutôt à MacLeod Ganj, lieu plus approprié à la découverte du mode de vie des Tibétains ». Fondé au milieu des années 1850 pour héberger une garnison britannique et baptisé de nom du gouverneur du Pendjab, MacLeod (prononcé en trois syllabes à la française) ou plutôt MacLeod Ganj, est ses quatre kilomètres plus haut à vol d’oiseau et à 1770 mètres d’altitude, donc avec une dénivellation d’un demi-kilomètre ; c’est aujourd’hui le lieu de résidence du gouvernement tibétain en exil (Gangchen Kyishong) et du Dalaï-Lama, ainsi que de nombreux moines tibétains.

Dharamsala (l’appellation inclut son annexe en altitude) est devenu un haut lieu mythique et symbolique de la culture et de la résistance tibétaine. Pour illustrer la culture je présenterai notre hôtel, Chonor House et le Norbulingka Instituts situés plus bas dans la plaine ; quant à la résistance, elle est très liée à la personne, à l’action et à l’activité du Dalaï-Lama, à l’ enseignement qu’il dispense sur place plusieurs fois par an et, de manière moins directement visible, aux écoles, les TCV (Tibetan Children Villages) dont la création fut l’une des premières mesures décidées par le Maître spirituel en exil.

Mais d’abord un peu de tourisme et mes impressions et découvertes du lieu géographique et humain. Dans le prolongement vertical de la route qui monte de Dharamsala, Macleod Ganj est une bourgade qui s’étire abruptement en hauteur au flanc de la montagne. Une longue rue, Temple Road, monte depuis une petite place en tout temps très encombrée de voitures, qui part du grand temple où réside et enseigne le, Dalaï-lama ; cette rue, abrupte et fort polluée par les voitures et la poussière, monte jusqu’à une minuscule place centrale d’où redescend une rue qui la double partiellement et d’où partent en patte d’oie plusieurs rues horizontales courtes – la corniche n’est pas large.

Dans l’une de ces courtes rues, toutes consacrées au commerce d’artisanat ou au tourisme (agences de voyage et bureaux de change) un beau temple doré vient s’encastrer au milieu des échoppes modestes ; le passant peut sans se détourner activer la roue du dharma sur une longue série de tambours.

En cette période d’enseignement du Dalaï-lama la bourgade est envahie, tant par des moines en robe rouge sombre que par des civils autochtones ou étrangers parmi lesquels il serait difficile de distinguer les pèlerins des touristes – la mode des chevelus-barbus et des tenues excentriques n’a pas ou n’a plus cours ici et je n’ai pratiquement vu personne fumer (à l’exception de deux marchandes, près de leur étal, avec des cigarettes très minces…). Quelques mendiantes, nourrisson au sein, miment le geste de manger – le gouvernement insiste qu’on les décourage. Quelques rares chiens errent, moins efflanqués qu’à Delhi ; toujours pas de chats.

L’atmosphère affairée et tranquille à la fois de la longue rue montante évoque en beaucoup plus rustique la longue montée à la Basilique du Mont Saint-Michel, mais ici on est davantage pressé par la montagne : du côté du précipice sont installés à même le sol des vendeurs de fruits et légumes, des étals de camelote – bijoux d’un sou, pierres semi-précieuses, objets cultuels de toute taille, étals de chaussures à la dernière mode, Nike.

De l’autre côté de la rue, adossées à la montagne, ce sont des cafés, des boutiques plus huppées qui proposent tout un artisanat traditionnel ou des appareils photo et d’informatique ; des boutiques de toute sorte vendent des jus de fruits pétillants dont les bouteilles singent le champagne, du coca-cola omniprésent, des paquets de chips, et de la parapharmacie; ici aussi abondent des boutiques de change et règne la calculette.

Toutes ces boutiques sont surmontées par des hôtels à plusieurs étages que l’on n’aperçoit pas depuis la rue ; ils ont leurs entrées beaucoup plus hautes dans l’une des courtes rues qui partent horizontalement de la minuscule place « centrale ».

Dans ces rues planes les échoppes disposent d’un peu plus de profondeur ; on aperçoit dans le fond des hommes et des femmes qui s’affairent sur des machines à coudre de type Singer ; là se fabriquent des vêtements, pour nous folkloriques, tels que les robes des Tibétaines qu’elles portent, mariées, avec un tablier aux bandes rayées décalées, et des thankhas qui représentent des divinités de méditation ou la roue du Dharma. J’ai repéré deux librairies longues et étroites aux murs tapissés de volumes. J’y reviendrai faire un tour.

Ici, comme en plein Delhi et dans les villes plus petites, nombreux sont les étals en plein air où l’on trouve un grand choix de fruits et de légumes : des régiments de régimes de bananes, des pommes (chères), des oranges, de gros pamplemousses, des ananas très longs, parfois des nèfles, des grenades pas très fraîches, des empilements d’œufs toujours très blancs ; des citrons maigrelets ; des roscoffs, des choux bien pommés (mais pas de nos « choux chinois »), des choux-fleurs, brocolis, poireaux, persil, tomates, aubergines rondes, petits pois, des navets blancs et très longs (excellents crus en entrée), des carottes ligneuses, pommes de terre, salades, échalotes, de l’ail, des ognons blancs…

Les vaches sont sacrées en Inde n’est-ce pas ? Peu nombreuses en ville ou sur les routes ; noires, grandes et pas très grasses, sans pis ni rondeurs, avec presque une bosse sur l’échine, elles vont leur paisible vie de vaches méditatives, mais si l’occasion se présente… En l’absence momentanée d’un vendeur, l’une d’elles s’approche paisiblement de son étal et s’offre un paisible déjeuner de légumes et de fruits, jusqu’au retour du commerçant indigné qui chasse l’animal sacré à grands cris et gestes de bras. Sacrée vache ou vache sacrée?

La petite place haute est le confluent des rues courtes elles aussi très animées et connaît des embouteillages dignes de notre Concorde parisienne ; ils sont réglés magistralement à quelques coups de sifflet par un agent de la « traffic police », qui émerge d’une cahute en carton-pâte, tout de bleu vêtu (les soldats, eux, sont en sweat beige) avec un blouson Adidas (la marque est bien visible) et un béret de même couleur proche de celui des Chasseurs Alpins. Son autorité et son savoir-faire flegmatique tiennent du miracle dans cette jungle de « tourist-cars » et « tourist-taxis » flambant neufs aux freins puissants (mais dans quelques années, à force de les utiliser si fréquemment et si brutalement…?)

Dans la seule des rues planes qui ressemble à une vraie rue d’une centaine de mètres de long, bordée des deux côtés d’échoppes diverses précédées de trottoirs étroits où l’on a conservé quelques magnifiques conifères, une vache de belle taille est attachée au même piquet qu’une motocyclette. Elle est de taille plus modeste que les modèles indiens réputés, paraît-il, dans le monde entier pour leur puissance (des motos Enfield, me dira-t-on, qui sont renommées car montées à la main comme du temps des Anglais).

Je les photographie en regrettant de ne pouvoir filmer le mouvement de la tête de l’animal qui se frotte langoureusement contre le guidon de l’appareil. Au-dessus sont des échoppes : de gauche à droite, des panneaux déroulent tout un programme culturel : COOK (donc le tourisme international) – un Sikh en turban s’apprête à pénétrer dans la boutique ; puis s’étalent sur deux longues banderoles tout du long de deux vitrines très ornées, en lettres majuscules jaune bouton d’or sur fond bleu pâle : DORITSANG TIBETAN CULTURE CENTRE; en dessous et en lettres rouges sur ce même fond bleu et toujours en lettres d’imprimerie : COME AND SEE THE LATEST COLLECTION OF BOOKS ON PEACE AND HARMONY – déjà tout un programme !

Dans le prolongement, une boutique de photographe s’intitule Himalaya ; enfin, comme pour coiffer impérieusement le tout, accroché au balcon d’un premier étage : RELIANCE (en bleu) suivi en plus petit de MOBILE (en rouge) : triomphe planétaire de l’informatique. Il ne manque que quelques robes rouges dans la rue mais à cette heure-ci les moines suivent l’enseignement du Dalaï-Lama au monastère du bas.

Macleod semble affecté par une frénésie de constructions, avec en chantier de grands bâtiments qui annoncent plutôt des hôtels que des monastères. La bourgade étant saturée, elle doit grimper vers les hauteurs, toujours en bordure d’une route abrupte qui suit l’étroite corniche. Curieuse conception de l’architecture civile, me semble-t-il.

Aux extrémités des futurs bâtiments, des colonnes en béton sont coulées autour de tiges métalliques qui émergent en hauteur ; entre ces piliers le remplissage se fait avec de la brique ; effectivement j’ai croisé à plusieurs reprises de gros camions chargés de briques, qui parfois bloquent la circulation. L’ensemble inspire une confiance relative, d’autant que les supports et échafaudages (comme ailleurs les échelles) sont assurés par le bambou, certes matériau très solide, mais qui ignore par nature la règle du fil à plomb rectiligne.

Lorsque nous redescendrons vers la plaine nous constaterons tout du long que l’on continue à construire des demeures plus modestes, de simples maisons, selon le même principe de colonnes en béton aux extrémités avec brique intermédiaire, et puisque la pente permet à peine le passage d’une route sinueuse, toujours à flanc de la montagne, ces futures maisons sont en surplomb du côté du vide, ce qui fait un peu froid dans le dos.

M’éloignant à peine de l’agglomération sur l’un de ces terrains encore vagues où errent quelques animaux, dont deux gros chiens des Pyrénées roux, je tombe sur des gamins puis des jeunes moines qui jouent au cricket, les plus fortunés avec une batte ou quelque chose qui y ressemble, et un grillage qui fait office de guichet, les autres avec un gros bâton ; le guichet sera remplacé par de grosses pierres entassées l’une sur l’autre.

Cette passion très britannique se manifestera aussi dans les écoles que nous visiterons. La poste : j’ai confié mes premières cartes postales à l’hôtel, mais je souhaite voir à quoi ressemblent les timbres. Trouver la poste, excentrée, ne fut pas une mince affaire malgré l’affabilité des commerçants tout proches : rien ne la distingue des échoppes décrépites sinon qu’elle l’est davantage ; pour y accéder il faut enjamber une rigole profonde protégée par une planche branlante. L’intérieur est minuscule et sombre ; un employé s’emploie à timbrer une à une les lettres en partance tandis qu’à moins d’un mètre de lui un autre employé s’active sur un écran d’ordinateur. Au guichet sans grillage le troisième employé sort des timbres, jolis, et me réclame huit roupies. Il refuse mon billet de vingt. J’extraie sept roupies, désolée. Très bien, il s’en contente. Quand je remplis d’autres cartes je découvre qu’un timbre sur les deux requis ne colle absolument pas. Normal paraît-il ; Delphine me prête son stick de colle.

Mais surtout Dharamsala possède plusieurs librairies. J’ai flâné, brouté les titres dans deux d’entre elles pour découvrir le haut profil de la culture tibétaine en ces lieux. Première remarque, pas si évidente après tout : la quasi-totalité des livres sont en anglais, presque tous d’éditeurs britanniques. Une petite étagère de livres – en tibétain, en hindi, en sanscrit ?

Je n’ai pas pensée à le demander. En tout cas pas de littérature de gare est fortement présente et il y a aucun livre en français ; les auteurs français, parmi lesquels Proust, Sartre, De Beauvoir (The Second Sex en Vintage Classics ), sont publiés en anglais; tout comme Cosette, et the Time of Illusions de Howard Curtis, édition Ceresa /Pan. Aussi Papillon et la Cité de la Joie, toujours en anglais.

Tintin a paru en Methuen’s Children Books : on trouve en un seul volume The Broken Ear, The Black Island (ça se passe en Ecosse et en kilt, béret bleu et pompon rouge) King’s Ottokar’s Sceptre, Destination Moon, Exploring the Moon…), mais manque à l’appel Tintin au Tibet. Pas d’Astérix, sans doute trop typé gaulois. Pourtant il existe un Astérix tibétain portant la zizanie dans un camp d’envahisseurs chinois comme le nôtre dans les camps romains…

L’île d’Elephanta – La Péninsule Mumbayienne

Pas d’éléphant à Elephanta ! Cette petite île située à dix kilomètres de Mumbai (Bombay) se nommait autrefois Gharapuri ; en y abordant pour la première fois, les Portugais y découvrirent un gigantesque éléphant de pierre et rebaptisèrent l’île « Elephanta »… La statue de l’animal s’effondra en 1814, les fragments furent récupérés puis la statue recomposée dans les jardins Victoria de Mumbai.

Des bateaux effectuent l’aller-retour entre la côte et l’île plusieurs fois par jour. A défaut d’un éléphant de pierre, ce sont une ribambelle de marchands de souvenirs qui nous accueillent et longent le chemin qui, grimpant doucement vers les hauteurs de cette petite île, nous mène en une dizaine de minutes jusqu’à ce qui constitue l’un des ensembles rupestres les plus célèbres de cette région du pays. L’Ouest de l’Inde présente quantité de temples creusés dans la pierre, dont plusieurs classés par l’Unesco.

Les Grottes d’Elephanta furent inscrites en 1987 sur la liste du Patrimoine Mondial. Leur origine précise est source de débats entre experts ; selon les uns ou les autres, elles dateraient d’une époque variant entre le VI ème et le VIII ème siècle. Ce qui est certain en revanche, c’est que ces temples rupestres sont dédiés à Shiva et témoignent d’un renouveau du Shivaïsme à cette période.

Seule la grotte principale d’Elephanta présente un réel intérêt pour le visiteur non archéologue. Il s’agit d’une vaste excavation carrée de 27 mètres de côté, soutenue par des piliers massifs et présentant de larges parois sculptées. Ces dernières, mesurant chacune plusieurs mètres de haut, représentent pour la plupart les formes variées que prend Shiva et ses diverses « aventures » ou réalisations : tantôt destructeur impitoyable de démon, tantôt lors de son mariage avec Parvati, ou encore en yogi assis sur un lotus, ou bien sûr chevauchant sa monture sacrée le taureau Nandi… L’une de ses représentations les plus classiques ne manque évidemment pas à l’appel : le lingam, symbole phallique que nous évoquions déjà lors de notre visite à Thanjavur, autre site classé par l’Unesco.

Mais l’une de ces sculptures constitue inévitablement ce que l’on peut qualifier de « pièce maîtresse » des grottes d’Elephanta. Il s’agit d’une représentation colossale de Mahesamurti (Shiva en tant que « Dieu des Dieux »), haute de 5,70 m et encastrée profondément dans la roche. Nous y découvrons trois visages de Shiva : celui qui fait nous fait face est empli de sérénité. A gauche et sculpté de façon à toujours rester dans l’ombre, Bhairava, visage de la destruction, présente un nez crochu, une bouche cruelle et des symboles de mort dans sa chevelure tels qu’un crâne et des serpents (il tient par ailleurs un autre serpent dans sa main). Quant au visage de droite, il représente la création sous les traits de Vamadeva : traits féminins et sensuels, lotus dans les cheveux et guirlande de perles.

Du point de vue de la conservation du site, il semble que le gouvernement se soit vu reproché par le passé un certain manque d’entretien. Nous ignorons quels efforts ont été entrepris depuis ; l’aire de débarquement des bateaux et ses alentours tiennent en effet de la déchetterie mais la grotte principale, quant à elle, ne nous a pas fait l’impression d’un lieu en proie à la négligence.

Nous avons par ailleurs bénéficié d’un petit coup de chance bien agréable. Aujourd’hui, mercredi 18 avril 2012, a été choisi par le gouvernement local comme « Jour du patrimoine mondial », pour inciter à la découverte des richesses culturelles du pays. C’est-à-dire que l’entrée à la grotte principale, ainsi que les services d’un guide, y sont offerts aux visiteurs ! C’est donc avec surprise et bonheur que nous nous sommes vus accueillis par Rashbihari, qui nous a fait gratuitement profiter de ses compétences de guide professionnel pendant toute la visite. Vive le jour du patrimoine mondial !

Planifiez votre voyage en Inde et profitez des plaisirs de la vie

Si vous voulez profiter des plaisirs de la vie, assurez-vous de vous planifiez un voyage en Inde dès que possible. Certaines personnes aiment voyager et si vous êtes l’un d’eux, vous ne devriez pas oublier d’inclure l’Inde dans vos destinations de voyage. Vous pouvez trouver des endroits fascinants que vous pouvez visiter seul ou vous pouvez participer à des visites organisées par différentes agences de voyage.

L’Inde est une incroyable combinaison de modernité et de tradition. Peu importe ce que vous désirez pour votre voyage, vos souhaites seront exaucés si vous choisissez l’Inde comme destination. Ce pays est également parmi les principales destinations touristiques du monde. En fait, des millions de personnes visitent l’Inde chaque année et après leurs visites, ils gardent de doux souvenirs qui dureront toute leur vie.

Qu’est-ce qui attire ces nombreux touristes en Inde ? Ce sont tous ces beaux endroits que vous pouvez visiter dans les différentes régions de l’Inde qui les amènent dans ce pays. Les visiteurs sont charmés par l’Inde qui offre une large palette de sites touristiques captivants. Ils sont séduits par la relation nouée avec les locaux. Vous aussi, voyagez et découvrez tous les lieux touristiques qui incluent les plages, les montagnes, la faune, les stations de sport d’hiver, des sites de sports et d’aventure, des sites patrimoniaux, des déserts, des sites de pèlerinage, des palais et des monuments.

goa Trip

Chaque site touristique délivre une expérience différente, ainsi que du plaisir. On vous assure que vous ne serez jamais déçu. L’Inde n’attend que vous. Vous pouvez visiter le Cachemire, Goa, Kerala, Rajasthan, Uttaranchal, Himachal Pradesh, Bangalore, Hyderabad, Mumbai, Delhi, et beaucoup d’autres endroits.

Que pouvez-vous attendre de ces endroits ? Vous pouvez voir des paysages d’une beauté paradisiaque incomparable, des plages à couper le souffle, des monuments, des forts magnifiques, de la culture exotique, des palais, des églises, et des jardins.

Si vous ne nous croyez pas, surfer sur le net et visiter le site officiel de l’Inde, vous serez étonné de découvrir que toutes ces choses sont réelles. Vous allez avoir des vacances grandioses si vous prévoyez de faire votre prochain voyage en Inde.

La planification d’un voyage en Inde n’est pas si difficile. Vous pouvez facilement contacter une agence de voyage qui peut vous guider dans votre voyage. Il y a plusieurs agences de voyage en Inde, alors assurez-vous que vous choisissez une de bonne réputation et qui a été en service pendant un certain temps maintenant. Demandez le package qui répond à vos besoins. Il y a des packages dispendieux et à bas prix, vous devez décider ce qui est le mieux adapté pour vous. Le budget est une autre chose à considérer car se rendre dans un pays étranger peut devenir très coûteux.

Si vous voulez, vous pouvez aussi y aller sans essayer de contacter une agence de voyage. Mais vous devez rassembler toutes les informations importantes sur l’Inde, il est facile de se perdre. Tant que vous ayez une carte, que vous sachez la lire et que vous sachez vous s’entendre avec différents types de personne alors vous irez bien.

C’est à vous de choisir de partir avec une agence de voyage ou de déplacement seul. Planifiez votre voyage en Inde à l’avance afin que vous puissiez profiter de tous les plaisirs de la vie.

Mon voyage à Bombay

Mon voyage en Inde à Bombay :

Le 8 Novembre 2009 : Anachronique arrivée
J’arrive à cinq heures du matin. Brise fraiche et sèche dans le corridor d’entrée à l’aéroport. Pas de panique, c’est la climatisation. Ça m’éveille un peu de cette nuit presque blanche. On passe aux détecteurs de grippe H1N1, des sortes de jumelles dans lesquelles des types regardent des images rouges jaunes et bleues. Si t’es rouge, t’as la grippe. Moi j’étais déjà refroidi par la clim, alors je passe. Voilà, je change mon dollar en 45 roupies, puis je me dis que pour payer un taxi, il m’en faudrait peut-être un peu plus! Alors je change un billet de 50€ qui trainait dans un petit endroit secret de mes vêtements. C’est utile un petit endroit secret, mais il ne faut pas oublier qu’il existe – mon grand problème!

Je sors au-dehors, ce n’est pas l’atmosphère de Dubaï, mais il fait quand même environ trente degrés et assez humide. Et là, de la foule. Des indiens en nombre incroyable, à cinq heures du matin, attendant des passagers derrière les barrières. Il y a des palmiers dans les jardinières, des lumières qui éclairent faiblement la chaussée envahie de véhicules qui n’ont pas moins de cinquante ans. Puis à quelques encablures, l’obscurité, comme si cette sortie d’aéroport était un studio de cinéma, où cinquante mètres plus loin le mur sombre du hangar imiterait un ciel sans étoiles. Je me sens figurant d’un film colonial anglais, dans ce décor anachronique. Je me dirige vers les taxis prépayés que m’a conseillés la couchsurfer qui doit m’accueillir chez elle.

On va à un guichet, on paye la course pour une destination donnée, un peu plus cher, mais un peu plus sûr (a priori), le guichetier vous donne un papier avec un numéro, et le chauffeur de taxi viendra se faire payer au guichet. C’est n’importe quoi, si tu t’imposes pas au guichet, tout le monde te passe devant en poussant et en criant, et se fout de ta gueule. Après que trois-quatre personnes me sont passées devant avec un mélange incongru de sauvagerie et de tact, je décide à mon tour de passer mon bras, de gueuler en anglais le lieu où je vais, de donner au guichetier un billet à renifler. Moi, je le fais sauvagement, mais je ne sais pas imiter leur tact à l’indienne.

Ils le comprennent et, voyant que j’ai compris le jeu de la bousculade et que je participe, ils me laissent une chance d’obtenir mon ticket de taxi. Le ticket, c’est un numéro à trois chiffres inscrit dessus, ainsi que le tarif de la course et ma destination. Ni mon nom, ni mon numéro de passeport, rien qui puisse identifier le chauffeur s’il m’arrive un pépin avec lui. Rien qui ne puisse identifier le chauffeur non plus. Je ne vois pas le niveau de sûreté là-dedans! Bref, Je me dirige vers la grande masse de taxis jaunes et noirs, pour la plupart de vieilles Fiat typiques de Bombay. Le parc automobile est largement représenté par ces taxis qui donnent à Bombay son caractère spécifique. Il me faut maintenant choisir mon taxi. Il y a un système de numéros, le mien, c’est le 143, et il désigne ma destination.

Je n’ai pas compris tout de suite, car de nombreux chauffeurs viennent vers moi, me demandent ce numéro et me délaissent tout de suite quand ils voient qu’ils ne peuvent rien faire pour moi. Ils se tournent vers d’autres clients potentiels instantanément et il est impossible de leur demander ce que ce numéro signifie, comment trouver le bon taxi, etc. Je tourne au milieu de cette jungle de chauffeurs et de taxis aux klaxons affûtés, sans comprendre, jusqu’à ce qu’un vieux monsieur boiteux s’occupe de mon numéro.

En trois ou quatre minutes il me trouve un taxi. J’ai compris que cette personne, comme beaucoup d’autres qui trainent dans le coin, est là pour essayer de gagner de quoi manger. Il faut que je lui donne un peu d’argent. Qu’est-ce que je dois donner? J’ai des billets dans la poche dont je connais à peine le cours par rapport à l’Euro, et encore moins par rapport au niveau de vie. Je lui donne vingt roupies, et il me sourit avec un regard de gratitude. Je calcule plus tard que cela représente trente centimes d’Euro. J’ai le mauvais sentiment de l’avoir arnaqué le pauvre vieux monsieur. Mais en réalité il a pris cet argent sans en réclamer plus, en exprimant sa gratitude. Alors, est-ce trop ou pas assez? On m’a dit que la vie n’est pas chère ici, mais vraiment je n’ai aucune idée de ce que ces trente centimes peuvent rapporter véritablement à ce vieux monsieur. Je pense alors que j’aurai tout le temps de me rendre compte, et que pour l’instant, sans toutefois me laisser avoir, je peux dépenser sans trop compter.

Le chauffeur m’emmène alors jusqu’à Amboli, quartier d’Andheri Ouest, banlieue nord de Bombay. Déjà l’adresse (à laquelle il faut rajouter la rue et le nom de l’immeuble) est à rallonge, et je commence à appréhender l’ambiance de mégalopole comme celle de Mexico quand j’y habitais. Je sens que cette ville va y ressembler. Il est 5h30 du matin, et l’on slalome dans un enchevêtrement de taxis et rickshaws jaunes et noirs tentant tous d’arriver plus vite à leur destination. C’est l’heure de pointe, me dis-je. En fait, ce doit être l’heure de pointe quasiment toute la journée, nuit comme jour.

Je me trompe, car si on slalome à grande vitesse maintenant, le grand rush de début et de fin de journée est en fait un blocage immense de la ville. Nous trouvons la rue où il faut s’engager, mon chauffeur me laisse à l’adresse supposée. Il est six heures du matin et déjà la rue, poussiéreuse, qui ne semble pas être finie ou alors en perpétuel travaux comme toutes les rues de la banlieue en fait, s’animent de toutes parts. Les gens commencent à ouvrir leurs échoppés de bouffe, de thé et de babioles en tous genres. Une grande église aux portes ouvertes laisse échapper le chant suave de centaines de fidèles priant, à six heures du matin. Drôle de première image pour une arrivée en Inde.
Je suis en fait dans un quartier à dominante catholique. Mais moi je ne songe qu’à trouver l’appartement de la couchsurfer qui doit m’accueillir, et à aller me coucher, car je viens de passer une nuit blanche de voyage. Elle m’a dit de sonner chez Mme Baxi. Elle s’appelle Sarah. Je trouve la porte. Je sonne. Deux fois. Une personne m’ouvre, jeune et petit, et il semble tout endormi. Je panique un peu, qu’ai-je fait, me suis-je trompé de porte? Je demande Sarah. Cet indien ne parle pas anglais, mais il m’indique plus ou moins une autre porte, sans animosité, juste un peu sonné, si je puis dire. Je vais frapper à l’autre porte, gêné d’avoir réveillé à cette heure-ci la mauvaise personne.
Là, Sarah m’accueille, me rassure : – C’est seulement un de nos deux «boys», Santosh, ce n’est pas grave si tu l’as réveillé. C’est l’appartement où dorment mes parents et les «boys».

Je n’ai pas la force de réfléchir à cette réflexion. Nous parlons cinq minutes mais je suis vraiment très fatigué. Sarah m’indique une chambre dans laquelle elle a installé un petit matelas qui me servira de lit. Je m’installe, m’excuse encore pour son voisin, enfin son boy, parce que je n’ai pas trop compris où elle veut en venir avec ça. Pas plus de discussion, car le sommeil m’emporte instantanément.

Je suis donc arrivé à Mumbai, nouveau nom de Bombay, la Big Apple de l’Inde, porte des épices et d’un sous-continent indien gigantesque, et je commence à me perdre. Dans l’immensité de cette ville, dans l’immensité de l’Inde, ou simplement dans l’immensité de moi-même. Ici, je vais devoir faire des choix.

Le 13 Novembre 2009 : Toute l’Inde est à Mumbai
Nous nous levons un peu tard, après avoir rattrapé le sommeil en retard, et Sarah prend directement les choses en main pour aller en ville avec moi. Nous sommes dimanche, elle ne travaille pas aujourd’hui et nous pouvons donc sortir, elle, son petit ami et moi, pour commencer à parler de cette ville, pour que je commence aussi à choisir comment je vivrai la suite du voyage. Mais tout d’abord, je me mets à observer.

Nous sortons, le petit ami de Sarah nous emmène dans sa voiture jusqu’à mi-chemin du centre-ville où il habite, puis nous prenons le train, sorte de RER de banlieue. Le centre est en fait l’extrémité sud de la péninsule, formée de terres prises sur la mer, reliant d’anciennes îles jadis séparées. C’est grand, il y a beaucoup de monde, je me sens perdu, car beaucoup de choses sont très nouvelles, par rapport aux cités précédemment traversées. La ville s’organise d’une autre manière, et il va falloir que je réapprenne la vie citadine à la mode mumbaiote.

Vivre à Mexico, à Paris ou à Istanbul est différent, par les codes culturels, les magasins, comment on mange, comment on se déplace, comment on parle avec les gens, comment chacun agit. Au début on est perdu, puis on commence à connaître les réflexes et automatismes de la vie quotidienne, reconnaître les quartiers, multiplier les relations humaines. C’est toujours un recommencement, comme si l’on renaissait.

A Mumbai, comme dans d’autres grandes villes à forte population expatriée, on peut bien sûr toujours se raccrocher à chez soi, fréquenter ses compatriotes, acheter, se déplacer, manger, vivre comme chez soi, pour ne pas être perdu. Mais moi je ne pourrais pas faire cela, je n’avais déjà pas pu à Mexico. Je n’avais simplement pas voulu en fait, mais je suis quasiment certain que je ne peux pas non plus. Il est grisant de renaître dans une nouvelle ville.
Laisser tous les codes connus derrière nous et faire fonctionner notre formidable capacité humaine à l’adaptation. Comprendre, imiter, puis savoir. Je suis perdu dans ce Mumbai immense, et pourtant j’ai en moi cette émotion particulière, à penser que je saurai bientôt comment tout cela fonctionne!

Je suis perdu, je me cherche, et je me trouverai, comme à chaque fois. Il y a des endroits où l’on se sent bien, d’autres non, et il est très difficile à expliquer pourquoi, encore plus à le savoir avant d’y avoir mis les pieds. C’est personnel, cela se ressent. On a beau l’expliquer, je crois que chacun doit le vivre pour savoir.

C’est encore un peu un mystère pour moi. En termes de grandes villes, j’ai déjà pu en voir quelques-unes, et j’ai vécu à Mexico. Vivre à perpétuité dans une immense ville, non, il n’en est pas question (pour l’instant, mais qui sait qui je serai dans dix ans?). Mais pourtant, à Mexico (25 millions d’habitants), je me sentais bien et je me suis parfaitement intégré. Istanbul (15 millions d’habitants) m’a plu comme une ville où je serais le touriste simplement. Téhéran (13 millions d’habitants) m’a étouffé. Bombay (27 millions d’habitants) semble me ramener à Mexico, dans son ambiance de rue, je pourrais m’y plaire un temps je crois.

Toutes ces villes sont polluées, sont des fourmilières humaines, sont bruyantes, sont identiques en masse humaine, malgré les différences culturelles. J’apprécie toutes les cultures de ces villes néanmoins, donc vraiment, je ne sais pas ce qui décide pour moi, où je me sens bien, et où j’étouffe. J’aime déjà l’ambiance de Bombay, c’est tout.
Avant d’aller au centre-ville, Sarah nous emmène sur une plage très connue qui donne sur la Mer d’Oman (nord de l’Océan Indien), Juhu Beach. Ici on ne se baigne pas. Le littoral donne ouvertement sur la mer, mais l’eau est d’une grande saleté, et cela se voit. La plage, elle, reste étrangement assez propre malgré les milliers de promeneurs indiens.

Toutefois, je ne jouerais pas à m’enterrer sous le sable. Ici, c’est un lieu où les familles viennent passer leur dimanche, où les hippies viennent gratter la guitare et chanter Shiva, où les chiens se nourrissent des restes tombés par terre des desserts typiques dont je n’ai pas vraiment aimé le goût. C’est la première chose que je goûte ici, une sorte de glace, ou glaçon aromatisé, mais je n’accroche pas du tout.

Nous rions tous de ma mine dégoutée, mais je rassure tout le monde, je vais sans doute aimer tout le reste de la cuisine indienne, je suis seulement tombé en premier sur le mauvais élément! La promenade donne sur le coucher du soleil magnifique. Les amoureux se tiennent par la main ou s’enlacent tournés vers l’ouest.

Ici, ils ont le droit de se montrer ainsi. Je le remarque tout spécialement à ce moment, car ces démonstrations publiques de proximité homme-femme étaient interdites et punies en Iran, et déconseillées à Dubaï. Les amoureux ont donc ce droit légal en Inde, d’être ensemble et de le montrer. Il paraît que ce n’est pas si facile d’avoir ce droit culturel dans les campagnes.

Mais ici, c’est Mumbai, c’est l’occident qui frappe à la porte de l’Inde, c’est la modernité et le progrès qui s’imposent devant les traditions et la conformité culturelle. Alors on peut faire comme à l’ouest, peu importe la morale traditionnelle.

Ensuite nous allons dans le centre-ville historique, quartier de Colaba, pour boire un verre dans un bar connu. Là, une bière pression, bien fraîche m’a enchanté!

Ce n’est pas que la Kingfisher, fameuse bière indienne équivalente à Heineken, soit d’un goût supérieur, mais seulement que je n’avais pas bu une bière pression bien fraiche depuis presque deux mois, (interdictions oblige) et je me suis rendu compte que c’est vraiment un plaisir! Je me délectai donc de cette boisson pourtant classique tandis que j’exposai mon plan à Sarah.

Elle veut bien m’accueillir chez elle pour la semaine qui vient, le temps pour moi de visiter un peu la ville, m’habituer à la vie locale et à la culture, faire un choix pour la suite du voyage, et organiser cette suite, me procurer un guide de l’Inde, une carte, un numéro de téléphone portable peut-être, etc. En fait, il y a du boulot!
Mais avant de commencer, mon hôte organise de son côté les soirées à venir (elle travaille la journée, dans un cabinet d’avocats) pour me montrer un aperçu de l’immensité culinaire et culturelle de l’Inde, concentrée dans cette ville cosmopolite à l’échelle indienne. Bombay est en effet le poumon économique de l’Inde, participant pour 70% des échanges commerciaux du sous-continent.

C’est un peu le New-York Indien. Plus grande mégalopole du pays, la population forme aussi une mosaïque des différentes ethnies indiennes rassemblées dans un même espace. On y trouve de toutes les religions, toutes les langues du continent indien, toutes les couleurs de peau asiatiques, toutes les positions sociales.

Mais aussi c’est une ville moderne et largement ouverte sur le monde, donc qui ressemble, m’a-t-on dit, plus à une ville occidentale que les autres cités indiennes. Ainsi c’est la meilleure porte d’entrée pour éviter le trop gros choc culturel dont tout le monde parle lorsqu’il est entré en Inde. Et en effet, ce n’a pas été trop difficile pour moi les premiers jours, j’ai vite trouvé mes marques et n’ai pas vraiment été choqué par ce que beaucoup d’occidentaux redoutent : la misère et la pauvreté, le chaos citadin, les vaches sacrées, la corruption, les traquenards… Rien, ou plutôt peu de cela à Bombay.

Alors la première semaine, chaque soir je retrouvais Sarah soit au centre après son travail, soit chez elle, et nous allions goûter à des spécialités indiennes venant de tout le pays. Et comment exprimer mes impressions sur la cuisine, ou devrais-je dire les cuisines indiennes, sans employer un tas de superlatifs élaborés? A chaque plat, c’était tout simplement l’extase!

Une explosion de saveurs à chaque bouchée. Pas forcément très fort ou piquant (quoique cela est bien relatif car je suis moins sensible à cela que la plupart des européens), mais plein d’épices divers, mélanges élaborés souvent transmis de mère en fille, qui donnent une saveur particulière à chacun des plats servis. Moi, je suis incapable de discerner les différents épices d’une sauce, je suis seulement capable de les aimer, tandis que les indiens peuvent les différencier instantanément. Bon, en même temps, ils seraient incapables de trouver les différents ingrédients d’une soupe au pistou, d’une béchamel ou d’un autre de nos plats européens, question d’habitude.

Je commence à apprendre les noms des aliments les plus faciles en hindi (la langue officielle de l’Inde avec l’anglais), le fromage «panir», l’eau «pani», le pain «roti», mais suis incapable de retenir les noms des plats, à part peut-être le biriani, l’idli, mais alors je ne sais plus ce que c’était, sauf que c’était bon! On mange généralement des plats en sauce, avec du riz et une petite galette appelée «chapati» en guise de pain.

Et si l’on peut se servir d’une cuiller pour manger, généralement la main droite est le couvert le plus utile. J’ai eu un peu de mal à m’en servir, il y a une méthode. Mais je pense qu’il me faudrait un peu plus de temps pour y parvenir correctement. En attendant, ma maladresse manuelle fait rire tout le monde et de plus, j’aime manger avec la main, je ne sais pas, ça m’a toujours plu. Je suis sans doute encore un peu enfant.

Dans la rue, on peut aussi trouver de quoi manger pour vraiment pas cher. La journée, je ne m’empêchai pas de goûter à chaque coin de rue ces «vada paw» et autres bouffes rapides, sortes de boules de pains farcies d’épices et légumes et frits dans une huile poussiéreuse. Ça coûte sept roupies, soit dix centimes d’euro et on en a assez avec trois ou quatre! Ce n’est peut-être pas conseillé aux européens de manger ces choses de la rue, mais je ne peux m’en empêcher, je veux goûter à tout. Néanmoins j’essaie d’aller dans des échoppes où il y a déjà du monde, preuve légère de qualité sanitaire.

Il y a aussi un tas d’échoppes qui pressent de la canne à sucre et pour 0,10€ vous servent un verre de ce jus succulent. Enfin, la meilleure boisson et que l’on trouve partout, c’est le fameux thé indien, le tchay, petit thé au lait épicé. Il est normalement préparé avec du gingembre il me semble et c’est un délice!

Dans la rue, c’est une petite tasse que l’on vous sert, une dizaine de millilitres. Mais le meilleur que j’ai eu est sans conteste celui de chez Sarah, préparé par un des deux boys tous deux prénommés Santosh (le petit et le grand). Sarah part travailler le matin et je me lève un peu plus tard. Santosh-le-grand m’apporte toujours vers dix heures un grand bol de ce thé succulent.

La première fois, il m’a brûlé le palais, je ne m’attendais pas à cette profusion de gingembre dans un bol du matin! Mais vite je m’y suis habitué et cette préparation ouvrait grand la porte à une belle journée. Avec tout ça, je n’ai pas eu de problèmes intestinaux, mais c’est peut-être de la chance…

Bon, je ne fais pas que manger à Bombay, il faut aussi que je fasse des choix pour le futur, enfin le futur proche, bien sûr! Alors voilà l’état des choses. Mercredi 11 novembre, mon visa expire, parce que je me suis fait naïvement avoir lors de la demande du visa à Paris. Je n’ai pas d’avion pour partir, je suis donc obligé de toutes façons de rester quelques jours et de dépasser cette date.

Et si je n’avais pas su ce problème de date? J’aurais très bien pu entrer en Inde sans qu’on ne m’avertisse sur l’expiration du visa et continuer plusieurs mois avant de me rendre compte du problème.

Alors je me dis que je peux rester environ deux mois (pas trop longtemps, mais suffisamment) avant de m’occuper de trouver une solution, comme si je l’avais appris plus tard. Pas plus de deux mois donc, histoire d’éviter de gros problèmes. Deux mois, c’est loin des quatre à six mois que j’avais prévus.

Je pensais à me procurer un vélo, et descendre vers le sud en prenant mon temps. Mais en deux mois, je n’irai pas loin. Je songe alors à la moto. Beaucoup de gens font cela apparemment, et on peut en trouver facilement à bon prix. Je me donne quelques jours pour faire ce choix.

En attendant je commence à découvrir la ville en me promenant au milieu des boutiques, en essayant de négocier les prix des objets que je veux pour continuer dans mon voyage.

Je teste les vendeurs, dans les échoppes de rue, les magasins, je discute avec les vendeurs ambulants. Sarah m’a donné quelques conseils (valeur des choses, où trouver les affaires intéressantes). Je cherche tout d’abord un guide Lonely Planet pour l’Inde, seconde main, pas trop vieux. On me fait des propositions dont je ris nettement, le prix du neuf en Europe étant inférieur à ce que l’on me propose!

Je donne mes prétentions, parfois cela marche, parfois pas. Mais je parviens à me faire une idée du coût des livres en général. Je me trouve alors un Lonely Planet pour l’Inde du Sud à six euros et un livre en anglais de Paulo Coelho que j’ai trouvé au hasard, contrefaçon grossière où il risque de manquer des pages, pour 0,90€. Plus tard, des nouveaux baskets qui commenceront à me lâcher deux mois après l’achat, mais pour 7€ ça va.

Je souhaitais aussi me procurer un téléphone portable bon marché pour le cas où j’en aie besoin pour les quelques mois que je songe déjà à passer sur ce continent. Mais là impossible de trouver un téléphone d’occasion. Ils en ont pourtant dans leurs nombreuses échoppes, mais ils refusent de me les céder, ou alors au prix d’un neuf.

Et les neufs, contrefaits ou pas, ce sont ces portables avec toute la technologie dont je ne veux pas, appareil photos merdiques et lecteurs de mp3 plus facile à utiliser que pour passer un coup de fil.

Finalement, je ne veux pas dépenser les 20€ que l’on me demande au minimum pour ces gadgets à l’utilité discutable, tandis que j’ai découvert en passant que l’on peut passer un coup de fil depuis n’importe quel coin de rue pour 1 centime d’euro la minute. Quand à être joignable, pour l’instant, ce n’est en fait pas très important. C’est vrai, en ai-je besoin? Si j’avais largué le précédent en Turquie, et que je me suis débrouillé sans téléphone portable en Iran, je devrais tenir un peu plus longtemps sans cet objet trop courant et addictif, cet objet encombrant même.

Le 16 Novembre 2009 : Porte des Indes, porte sur le retour
Une semaine comme la mienne, à Mumbai, commence par un lundi. Ce premier jour à Bombay, je vois énormément de choses nouvelles, impossible de toutes les décrire (surtout qu’au moment d’écrire cela, j’ai été un peu flemmard, il s’est passé deux mois déjà!). Je vais voir la légendaire porte des Indes ou «Gateway of India» qui est selon les points de vue soit un symbole de l’histoire de la ville, de son économie ouverte au monde et de ce passage du colonialisme anglais à l’indépendance, soit ni plus ni moins qu’une grande place où les devises étrangères passent des mains des touristes à celles des vendeurs de photos souvenirs et des arnaqueurs chevronnés.

gateway-of-india

On m’a proposé je ne sais combien de fois des tours de la ville dans un véhicule particulier, pour la modique somme de 45€, mais cela ne m’intéresse pas, je préfère voir à ma manière. En quittant le bord de mer pour retourner dans le centre-ville, je me prends un thé et m’assois sur un muret à côté de deux individus sympathiques.

L’un d’eux est moitié anglais moitié indien à ce qu’il dit. En effet il a un visage et des cheveux d’européen, mais son teint mat et un je ne-sais-quoi rappellent fortement son côté indien. Alors, il est difficile de savoir le vrai du faux autant dans l’apparence que dans les mots.

Il est à la rue apparemment, ne parvenant pas à trouver un job, et il accompagne son vieil ami Terence, indien lui sans aucun doute, qui, me dit-il, sera à la rue demain s’il ne rentre pas un peu d’argent. Je me méfie de ce qu’ils peuvent me demander tout en alimentant des discutions intéressantes sur leur pays, mon voyage, leurs idées, etc.

Puis nous décidons d’aller se boire une petite bière, le vieux Terence, me fait comprendre qu’il ne sait pas trop s’il peut se permettre cela si je n’accepte pas ce qu’il va vouloir me vendre. Une bière je peux bien l’offrir, pour voir un peu plus profond dans son jeu, voir comment il va vouloir me vendre son
produit.

Terence est un type d’une soixantaine d’années, du genre cool, qui a sans aucun doute côtoyé plus souvent les hippies, beatnik et autres voyageurs baba cool de passage en Inde, que les touristes à bijoux et montres en quête de monuments, de sécurité matérielle et de restaus chics.

Ce qu’il me propose, comme il le fait souvent à des backpackers, c’est un tour d’une journée pour 2500 roupies (38€) tout compris (excepté sans doute les arrêts dans des magasins, desquels Terence tirera sans doute une petite commission pour avoir emmené le touriste). Ce tour, il me le présente comme un tour des lieux délaissés de Mumbai, les bidonvilles, les plages peu connues, les rues typiques jamais empruntées, bref hors des sentiers battus, à la rencontre du «vrai Bombay».

Nous ferions le tour en trains et transports en commun. Il possède un petit guest-book où ses clients trouvés comme moi au hasard des rues ont mis leurs impressions dans leur langue.

Je lis celles en français et en effet, il semble que ce Terence soit plutôt sérieux et qu’il connaisse ce que les touristes modestes préfèrent voir. Moi, de toutes façons, je ne veux rien lui promettre car je ne sais pas du tout ce que je ferai dans les prochains jours, et que je suis en pleine période de choix. Il insiste gentiment en utilisant le fait qu’il risque d’être à la rue bientôt.

Mais je ne peux pas vraiment lui acheter son tour sur cet argument, et il en est conscient; il sait qu’il a le même discours que les arnaqueurs qui trainent les rues, s’il n’en est pas un lui-même. Je ne répondrai pas à sa proposition, mais nous avons tout de même passé un très bon moment à discuter, et je pense qu’il fut sincère dans tout ce qui ne touchait pas au business. Je devais cependant rejoindre Sarah après son travail pour aller goûter à de nouveaux délices indiens! Le mardi, je voulus aller visiter l’île d’Elephanta, passage parait-il obligé si l’on reste plusieurs jours à Mumbai, mais une averse interminable s’abattit pendant deux jours sur la ville, et je reportai donc l’excursion à jeudi. Je quittai donc ce jour-là l’appartement à midi, pris un rickshaw jusqu’à la gare, puis le train jusqu’au centre.

A 14 heures, j’arrivai à Victoria Station, la gare du centre puis je marchai jusqu’au port de la Gateway of India où à 15h, je pris un bateau très lent qui nous fit accoster sur l’ile à 16h. La traversée de la baie de Mumbai m’a quelque peu ramené à Istanbul. C’est une baie immense entre le continent et la péninsule que forme la ville, où s’entassent des centaines de supertankers, comme dans la mer de Marmara près d’Istanbul.

Ils sont tous là pour remplir ou vider leurs cuves, puisque tout (ou presque : 70%) de l’activité portuaire indienne se concentre à Mumbai. Nous débarquons sur un petit quai bétonné qui s’amarre à la côte rocailleuse. Là je rencontre deux françaises, étudiantes à Bangalore (sud de l’Inde) et qui étaient venues visiter la ville.

Nous nous promenons donc ensemble pendant une heure (pas plus car le dernier bateau part à 17h!) dans cette île creusée de nombreuses grottes où des divinités hindoues et surtout des éléphants (c’est le dieu Ganesha il me semble) sont sculptés. En fait, franchement, je n’y ai vu que peu d’intérêt. Je pensais y trouver plein de couleurs et des histoires intéressantes. Mais rien de cela, seulement de la roche creusée et quelques sculptures usées. Toutefois, c’est une île qui a été préservée de la furie urbaine, sans doute puisqu’assez éloignée du continent, et dont la jungle montre qu’elle a tous ses droits.

De nombreux singes se jettent dans les branches autour de vous mais ils ont l’air tous plus ou moins malades, et agressifs par-dessus tout, ce n’est pas rassurant. Bref nous avons surtout discuté, ces jeunes françaises et moi, et cela fait du bien de pouvoir communiquer dans ma langue natale, ce que je n’ai pas pu faire pleinement depuis quelques mois.

Pouvoir exprimer des sentiments et des ressentis avec les bons mots, et avoir un regard français sur le pays que je visite, plutôt que celui intéressant mais très subjectif de la part de mes hôtes. C’était une pause linguistique que j’ai vraiment appréciée.

A 18h30 le bateau me débarquait de nouveau dans la folie urbaine, puis train puis rickshaw et enfin j’arrive à l’appartement de Sarah vers 20h30. Il m’a donc fallu 8h30 de transports et déplacements pour me promener une heure dans cette île qui n’est autre qu’une calme échappatoire à la bruyante jungle urbaine. Au moins la journée a passé et m’a apporté de nouveaux éléments qui me faciliteront les choix de suite à donner au voyage.

Parce que ces françaises m’ont aussi parlé des déboires divers et des histoires qu’elles connaissent à propos de l’administration indienne, surtout l’immigration. En effet, depuis deux jours, la pluie m’avait un peu forcé à rester enfermé tranquillement dans l’appartement de Sarah, pendant qu’elle était à son travail la journée. Ces mardi et mercredi de novembre, une averse avait battu la ville sans discontinuer, chose qui n’était pas arrivée depuis 67 ans.

Car en cette période, le ciel est toujours immensément sec. Mais une alerte fut donnée, «rentrez chez vous» le plus vite possible pouvait-on entendre sur tous les supports de médias. Un cyclone se dirigeait droit sur Mumbai depuis le sud de l’océan indien, et il avait déjà fait d’énormes dégâts à Goa, 400km plus au sud.

Finalement, l’œil de la bête s’est détourné de la côte et nous n’avons pas eu les vents les plus violents, même si la densité de pluie était énorme. Je suis sorti une demi-heure pour aller déposer un paquet au guichet de poste, et j’en revins trempé jusqu’aux os, ayant même failli plus d’une fois perdre mes sandales dans des rivières boueuses qui traversaient certaines grandes rues. Ce n’était rien à côté, m’a-t-on dit, des inondations de l’été 2008, mais tout de même, moi cela m’a impressionné.

Pas vraiment la pluie, mais surtout que la vie continue comme si de rien n’était. Tous les commerces, tous les gens de la rue, le trafic, tout fonctionnait tout de même, tant bien que mal. Car tous ces gens doivent de toutes les manières ramener de l’argent le soir pour avoir de quoi manger un jour de plus.

Il n’est pas question d’arrêter le travail un seul jour, ce serait une perte énorme. En tous cas, ces deux jours m’ont permis de partir à la recherche de renseignements sur mon cas de dépassement de visa. Certaines histoires parlent de gens ayant passé les frontières plus ou moins illégalement, avec bakchich.

D’autres histoires racontent que certains de ces gens ont été pris et incarcérés quelques jours ou semaines. Jusque-là, ce n’est pas si grave je pense, mais ce que j’ai lu le plus, c’est le risque d’être fiché sur une liste noire des étrangers, me refusant ainsi pour de nombreuses années, voire à vie, l’entrée légale sur le territoire indien.

Ceci m’alerta le plus, et j’optai donc pour la sagesse : j’irai voir le consulat français pour qu’ils me donnent des renseignements sur le cas de dépassement de visa. Étant en fin de semaine, et toujours un peu indécis toutefois, je dus attendre le lundi pour ceci. Ils me confirmèrent qu’il fallait que je règle ceci seul au bureau de l’immigration indienne. Je m’y rendis ensuite.

A la réception, je demandais s’il était possible de prolonger le visa, ou de faire quoi que ce soit d’autre qui me permette de rester plus longtemps en Inde. Mais rien à faire, on ne voulut rien savoir, et la seule solution que l’on me désignait consistait à réserver un billet d’avion pour sortir du pays, et de demander un nouveau visa dans une ambassade indienne à l’étranger. Je voulais passer par la frontière terrestre mais on ne me délivrera pas de permis de sortie sans que je présente une confirmation de réservation d’avion. Aucun moyen de discuter.

J’allais dans un cybercafé, consultais les différentes options : prendre un avion pour le Népal et refaire un nouveau visa, ou prendre un vol pour la France, et revenir en Inde une autre fois dans ma vie. J’avais reçu en attendant un mail de Keykey qui invitait tous les amis à la pendaison de crémaillère de la nouvelle maison qu’il s’est achetée, à Cahors.

Cela se passait le week-end suivant, et la plupart de mes amis y avaient confirmé leur présence. Je consultais ensuite les vols des jours suivants à destination de Toulouse, j’en trouvais un le jeudi, deux jours plus tard, à 300€, une affaire! Ni une ni deux, spontanément, je l’achetais, et j’avais mon ticket de retour pour la France. Je prévoyais une belle surprise à mes amis qui me croyaient en route encore pour un long moment. On me délivra un permis de sortie grâce à cette réservation, 50€ et de la patience, et la suite était bouclée.

A part que lors d’une escale de dix heures à Londres Heathrow, le disque dur de mon netbook (petit ordinateur portable) me lâcha dès la première heure, engloutissant dans l’oubli une dizaine de pages d’écrits sur Dubaï et Mumbai que je devrais entièrement retravailler… Et de ce fait, je tuais neuf heures d’attente dans la librairie de l’aéroport. Arrivée, Toulouse, Xavier un ami vient me chercher, il est le seul dans la confidence de mon retour.

Le lendemain, nous préparons une bonne surprise aux autres amis qui ne s’attendent pas du tout à me voir débarquer à la fête!

Guide de Voyage en Inde – Votre passeport pour l’aventure Indienne

Toute personne voulant voyager à l’étranger voudra visiter une destination de façons complète. Cela peut être une des raisons pour laquelle la plupart des voyageurs sont toujours à la recherche du pays le plus beau, le plus paisible, le plus excitant, et le plus merveilleux à visiter. L’Asie est un bon endroit pour commencer. Parmi les pays d’Asie, jetez un bon coup d’œil à l’Inde car ce pays peut répondre à toutes vos attentes.
Nous vous livrons le guide ultime pour l’Inde, alors lisez la suite.

Pourquoi choisir l’Inde ?
Vous apprécierez certainement la diversité de l’Inde. Il y a plusieurs circuits en Inde que vous pouvez rejoindre à tout moment lorsque que vous serez là-bas. Les touristes du monde entier se rendre chaque année en Inde. Certains d’entre eux y retournent parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas s’en passer.

Si vous voulez un guide complet pour vos vacances en Inde, vous devriez consulter les voyagistes et les agences de voyage. Vous pourrez bénéficier de leurs packages abordables. Les packages sont adaptés en fonction des besoins des touristes. Vous pouvez avoir des itinéraires bien planifiés qui ont un bon rapport qualité-prix. Mis à part cela, vous profiterez de la culture séduisante de l’Inde et de la tradition. Avant de vous rendre en Inde, vous devez déterminer quel organisme contacter. Vous pouvez effectuer une recherche sur le net pour en savoir plus sur cette destination et les visites que vous pouvez faire. Assurez-vous que vous choisissez une agence avec une bonne réputation et des avis positifs des clients.

red fort

Avec un guide officiel en Inde, vous pourrez profiter de presque tous les sites touristiques de l’Inde. Vous pourrez apprécier le sport d’aventure, les plages, l’indulgence spirituelle, les pèlerins, le patrimoine et la culture du pays, et d’autres intérêts particuliers. Les désirs de la quasi-totalité des touristes sont remplis. Vous pouvez trouver des sites pittoresques, de l’excitation culturelle, des sensations fortes, des monuments du patrimoine, et des paysages. Vous pouvez visiter tous ces lieux merveilleux si vous prenez des packages.

Chaque pas que vous ferez vous amènera à une autre surprise. Chaque lieu que vous visiterez offrira quelque chose de nouveau, surtout si vous pensez visiter les différents monuments, les palais, les forts magnifiques et explorer les déserts brûlants et la faune. Mais vos vacances en Inde ne seront jamais complètes si vous ne faites pas la visite de «triangle d’or». Cette visite vous fera découvrir les trois villes les plus belles et passionnantes de l’Inde – New Delhi, Agra, Jaipur. Ces villes se situent en Inde du Nord. A Delhi, la modernité et la tradition peuvent être observées dans les rues animées. Vous pouvez trouver le Taj Mahal et Agra fort, appelé Fort Rouge, à Agra.

Amber fort, Jaipur

Voyager en Inde n’est pas très difficile. Les agences de voyages organisent des visites tous les jours. Vous pouvez donc choisir le meilleur jour pour rejoindre un voyage. Si vous voulez, vous pouvez vous promener le long des plages dorées de Goa. Vous pourrez profiter du sable, du soleil, du surf, et surtout, de la sérénité. Sachez également que les plages de Goa sont très populaires pour les lunes de miel et les mariages sur la plage.

Si vous voulez explorer l’ensemble de l’Inde, ce ne sera pas très difficile car il y a pleins de vols domestiques. Avec les vols intérieurs, il sera plus facile pour vous de voyager d’un endroit précis à un autre et répondre à tous vos désirs concernant votre voyage en Inde.
Profitez des visites des nombreux endroits pittoresques et assurez-vous de disposer d’un guide en Inde.

A la decouverte de Dharamsala – la spiritualite Indienne

Le Dalaï-lama, figure tutélaire pour tous les Tibétains en exil, est présent en effigie dans tous les temples, les foyers et même les boutiques de Dharamsala : jeune, moins jeune plus âgé et plus corpulent, avec ou sans lunettes, debout, assis, seul avec son chien ou avec le jeune Karmapa qui a fui le Tibet à la barbe des Chinois qui l’avaient kidnappé – nous visiterons son temple quelques kilomètres plus bas dans la plaine.

Omniprésent sans aucun culte de la personnalité, il rassemble toutes les énergies et l’espoir d’un pays, d’une culture qui sans lui peut-être appartiendrait définitivement au passé. Aucune comparaison possible avec les chefs spirituels des religions du Livre, sauf peut-être pour la spontanéité avec Monseigneur Desmond Tutu qui fut à l’origine de la politique de réconciliation nationale en Afrique du Sud, lui aussi Prix Nobel de la Paix.

Qui sans le Dalaï-lama parlerait encore aujourd’hui du Tibet et des Tibétains sauf des nostalgiques du passé ? Lorsque la Chine envahit le pays il y eut alors nombre de déclarations vertueuses (affichées dans le petit musée historique qui jouxte le monastère de Dharamsala) sur le droit des peuples à s’autodéterminer, venant des organisations internationales – ONU en tête ; depuis il s’en proclame régulièrement, tout aussi vertueuses et semble-t-il inefficaces.

Les Tibétains en exil et leur gouvernement évoquent un retrait ou un recul de la Chine engagée selon eux dans un processus de démocratisation – de jeunes poètes chinois ont publié dans leur presse des poèmes en faveur d’un Tibet libre… L’an prochain à Lhassa ? Le nouveau train qui relie désormais directement Pékin à la capitale de l’ex-Tibet n’en prend pas la direction. A Dharamsala, les responsables soucieux de la survie de leur culture interrogent, dit-on, les responsables israéliens dont la langue a survécu à travers deux millénaires d’exil…

Rencontre avec le Dalaï-lama. Chaque année le Dalaï-lama consacre plusieurs semaines à un enseignement qui attire une vaste foule de touristes et de moines. Cet enseignement se déroule dans une très vaste cour de son monastère bordée, comme un préau, de verrières. Pour assister à cet enseignement il faut les jours précédents faire une assez longue queue dans une officine spécialisée et présenter son passeport, deux photos d’identité et cinq roupies ; on reçoit un « passe » que l’on épingle comme tous les badges sur son vêtement.

tibet monastery

Le matin (ou l’après-midi) on se présente à l’entrée du monastère – assez tôt pour là aussi éviter la queue ; on passe sous un détecteur comme dans les aéroports et on est fouillé – disons palpé – pour vérifier que l’on ne transporte pas – comme l’interdit une pancarte imagée – aucun appareil d’enregistrement visuel ou sonore, pas de couteau pliant (l’image présente un canif ), pas d’allumettes et bien sûr pas de revolver. Les familles peuvent s’arrêter dans une sorte d’avant-cour avec haut-parleurs où les enfants jouent calmement. Sur la très vaste esplanade, chacun se trouve une place sur un coussin ou une moquette archi-usée ; on attend dans le calme.

Un énorme camion monte jusqu’à l’entrée de la cour et décharge des paniers remplis de grosses brioches qui sont ensuite distribuées par des moines à tous les participants, si nécessaire à la volée ; ensuite ces moines circulent avec de grosses bouilloires et distribuent du thé au lait à ceux qui présentent un récipient et mieux – c’est appréciable quand on a négligé son petit déjeuner pour arriver tôt – des gobelets en carton que des voisins obligeants font circuler remplis jusqu’à vous. On attend dans un recueillement tranquille ; le Dalaï-lama arrive, précédé et suivi d’un petit groupe de moines, de civils et de trois militaires d’allure débonnaire, le fusil pointé vers la terre. Il traverse la cour en son milieu, par un étroit couloir, salue à droite et à gauche ; les gens se lèvent et restent courbés. Il gagne des tribunes qui surplombent la cour en balcon ; elles sont ornées de drapeaux et de banderoles où dominent le jaune et le rouge et des slogans « Free Tibet » ; sur les côtés sont affichées des proclamations de Nehru sur le droit à l’indépendance du Tibet.

De la tribune, visible à toute l’assistance, le Dalaï-lama psalmodie assez longuement des sutras en déplaçant quelques objets cultuels puis commence sa prédication, qui est traduite en anglais, en français et, je l’apprends à mes dépens, en espagnol ; on m’avait proposé un petit poste de radio réglable pour suivre la traduction française mais, brouillée avec toute manifestation de la technique, j’ai décliné la proposition, préférant suivre le rythme du discours original, pour son ton et son parler assurés, tranquilles et convaincants dans ce qui apparaît parfois comme un dialogue à sens unique destiné à convaincre, avec des oscillations du buste et des gestes de la main, un interlocuteur invisible – ici une foule très visible et littéralement sous le charme. Parfois le Dalaï-lama rit, suivi par l’assemblée; Il s’interrompt pour boire du thé ou de l’eau chaude.

Plusieurs assistants autour de moi prennent des notes ; je préfère me laisser bercer ; J’aurai bien l’occasion de retrouver son enseignement dans ses livres, dès même la sortie du monastère où sont proposés en anglais les sutras entendus. A la fin, après avoir psalmodié des sutras, Il refait son chemin initial en sens inverse, retraverse la cour de manière aussi peu protocolaire qu’à l’aller. La sonorisation est remarquable et parvient jusqu’aux rues éloignées où les commerçants écoutent cet enseignement sur un petit poste de radio tout en attendant les chalands. A l’entrée du temple une large pancarte réclame des volontaires pour nettoyer les lieux après la cérémonie.

Denise, dont le compagnon de vie était tibétain et qui depuis des années consacre toute son énergie à la cause de la culture en exil et aux exilés eux-mêmes – l’A.P.A.C.T. mobilise près de cinq cents « sponsors » et travaille en accord avec d’autres organisations non gouvernementales internationales, souhaitait plus que tout au monde une rencontre avec le Dalaï-lama ; elle l’a sollicitée par l’intermédiaire de son secrétaire privé.
Réponse, à plusieurs reprises évasive : ces rencontres ne se décident qu’au dernier moment ; passez tel jour : pas de nouvelles ; repassez tel jour telle heure ; toujours rien. Finalement, un soir… Nous sommes à nouveau reçues chez la doctoresse qui, « sponsorisée » toute jeune par l’A.P.A.C.T., a pu, grâce à cette aide économique et aussi morale, mener à bien ses études de médecine. Lors de notre première visite elle a conseillé Delphine pour une amie malade restée en France, après transmission de détails précis, prescrivant un traitement ayurvédique simple à mener pendant trois mois. Près de chez elle et son mari habite un important dignitaire religieux, un « Rinpoche » proche du Dalaï-lama et ancien ministre.

Ils l’ont invité à dîner avec nous. Le « Rinpoche » fait les honneurs de l’autel familial où sont encore des offrandes présentes depuis le nouvel an tibétain (fin janvier ; je remarque parmi celles-ci une tablette de toblerone). Il explique en tibétain, traduit en anglais par notre hôtesse puis retraduit en français par Denise, et nous présente avec émotion une statue du Bouddha très modeste, mais qui a été bénie par le Dalai Lama , ; il nous explique les détails d’un beau thangka, révèle les noms et la signification de certaines « divinités courroucées » d’aspect effrayant, qui ont pour rôle d’exorciser nos émotions négatives rentrées.

Le petit garçon de la doctoresse, après avoir fait son timide s’est beaucoup enhardi ; après avoir regardé la télévision il se laisse convaincre d’aller au dodo. Ici aussi, Denise a amené plusieurs dossiers, dont celui d’une jeune femme (nous allons la rencontrer, très belle, intimidée et sans doute plus que cela car il s’agit de lui trouver un « sponsor ») naguère abandonnée avec des jumeaux par son époux tibétain ; désespérée elle avait fait passer ses enfants pour des neveux recueillis afin de leur offrir une meilleure chance d’adoption; elle a entrepris des études de couture, interrompues par la tuberculose; Denise prend bonne note, et vérifie quelques autres cas.

Nous passons à table ; habitude ou manque de place, ici comme partout où nous avons été reçues les femmes servent mais ne prennent pas part au repas. Et là, surprise, après un potage et en accompagnement d’excellents légumes, on nous présente du poulet tandoori. Le « Rinpoche » refuse de se servir le premier comme l’y invite la tradition et insiste pour nous servir. Il mange lui-même du poulet, ce qui nous surprend puisque le Dalaï-lama invite au végétarisme ; est-ce par politesse devant des étrangers, est-ce à la suite de son séjour de plusieurs mois aux Etats-Unis dont il nous entretient pendant que nous mangeons?

En fin de repas, il est neuf heures pile, on téléphone; il décroche et nous regarde ; Denise a compris et cache sa tête dans ses mains : Un rendez-vous nous est fixé au monastère le lendemain matin à huit heures vingt précises. X – un jeune ami – viendra nous chercher.

Avons-nous bien dormi, avons-nous déjeuné ce matin-là ? Nous sommes prêtes bien à l’heure pour ce rendez-vous et dévalons la longue rue depuis notre hôtel jusqu’au monastère où nous entrons par un petit sentier latéral gardé. Notre guide et nos badges nous servent de sauf-conduits. Précautions de fouille habituelles ; puis on nous prie d’attendre au secrétariat où nous laisserons aussi nos sacs, à l’exception d’un appareil de photo, seul autorisé ; le secrétaire nous le prend des mains, prend immédiatement une photo de notre groupe – pour s’assurer… Au moment propice c’est lui qui prendra La photo.

Après un délai d’attente on nous invite à ressortir et nous attendons sur le chemin que va emprunter le Dalaï-lama pour gagner la grande cour où l’attend la foule patiente. Nous sommes alignées auprès de dix Tibétains assez âgés, traits burinés, peut-être une seule famille, qui ont apporté quelques objets à bénir – rosaires, moulin à prière… A chacun des quatorze pèlerins présents (nous sommes les seules Occidentales) un secrétaire passe autour du cou une katha blanche que nous présenterons à la bénédiction. L’attente n’est plus très longue.

Le Dalaï-lama arrive de son pas à la fois un peu lourd et rapide ; il s’arrête auprès des Tibétains, leur adresse des paroles et bénit leurs offrandes. Puis nous. Et puis plus rien. Tout s’est passé très vite. A-t-il adressé la parole à Denise ? A-t-il posé ses mains sur la katha que je tendais après mes trois compagnes? Aucun souvenir. Un grand vide ; dirai-je un peu pompeusement le Vide ? Pourquoi pas ? Plus tard je cogiterai sur l’évanescence de l’instant, ou même l’inexistence du présent entre passé et futur, contrairement à la doctrine de l’ « ici-maintenant ». C’est fini. Je Le suis du regard qui pénètre dans la vaste cour toute proche. J’aimerais y pénétrer ou même y jeter un coup d’oeil mais un garde s’y oppose.

On rend à Denise son appareil de photo et nous redescendons en silence sur la place jusqu’au premier café, déguster une boisson bien chaude, nous réveiller de l’attente, de l’émotion et de la Présence. Denise rêveuse visionne son appareil et nous montre LA précieuse photo bien cadrée prise par le secrétaire où le Dalaï-lama, entre Denise et Delphine, se tourne bien visiblement vers l’objectif, et nous sommes là toutes les quatre, bien visibles à peine à l’arrière-plan. C’est, dirons-nous, une reconnaissance silencieuse trans-personnelle – I Shin den Shin – de l’immense tâche qu’elle et ses deux compagnes ont accomplie pour la cause tibétaine et les dizaines voire des centaines d’enfants et d’adultes qu’elles ont aidés à vivre dans la dignité. Je suis là presque en extra, par une chance extraordinaire.

Le voyage n’est pas terminé pour autant. Nous allons continuer à visiter des écoles et reprendre lentement le chemin de Delhi puis de la France. Ce même soir nous sommes invitées à dîner dans un restaurant japonais, Lung-ta, par le responsable tibétain d’une association tibétaine non gouvernementale, GU-CHUSUM, qui prend en charge les prisonniers politiques – « it provides services to current or former Tibetan prisoners of conscience » (elle vient en aide à des Tibétains « prisonniers de conscience » encore dans les prisons dans leur pays ainsi qu’à ceux qui ont pu s’enfuir)… L’organisation regroupe sous son nom les dates des trois principales révoltes à Lhassa contre l’occupant chinois.

Ici, outre un réconfort physique et moral immédiat, elle se charge d’apprendre aux rescapés un métier d’artisanat, coudre, tailler, assembler, peindre – un recoin dans le restaurant expose leurs créations, des vêtements, des bijoux… Ce soir donc nous mangeons japonais; ici aussi on boit du thé … ou du coca.

Sur le chemin du retour vers Delhi nous visiterons d’autres temples, rencontrerons d’autres figures parfois étonnantes de la culture tibétaine en exil ; ainsi à quelques kilomètres plus bas que Dharamsala se trouve le monastère tantrique de Gyuto où vit le Karmapa qui se situe sur le même plan d’autorité spirituelle que le Dalaï-lama sans en posséder la fonction politique. Avec nombre de touristes étrangers soumis au préalable comme pour le Dalaï-lama aux mêmes procédures de sécurité, nous suivons son enseignement à l’intérieur de son temple ; il le donne en tibétain, doublé à intervalles réguliers par une traduction en anglais.

Notre périple, toujours dans le « tourist-taxi » retenu depuis Dharamsala (en fait c’est le même chauffeur depuis Delhi que Denise a retenu pour le retour en raison de sa grande compétence) nous ramène lentement vers la capitale et notre avion. Nous nous sommes donc arrêtées trois jours dans la guest-house de l’école de Chauntra. Puis nous sommes redescendues vers la plaine et j’ai admiré ces montagnes relativement modestes mais très élancées, tout en évoquant avec de la nostalgie les Pyrénées et tel coin tranquille de la vallée d’Aspe ou d’Ossau.

Jusqu’à Rewalsar ; à l’altitude de 1350 mètres encore, c’est une petite bourgade provinciale considérée de longue date comme une enclave tibétaine ; lieu sacré pour les Tibétains, fréquenté par les bouddhistes de toute obédience ; lieu de pèlerinages ininterrompus où dégorgent des autocars entiers de régionaux, elle s’est édifiée autour d’un petit lac sacré dont on fait aisément le tour à pied en admirant tout du long, comme dans tous les lieux consacrés du bouddhisme tibétain, les oriflammes de cinq couleurs – et surtout la succession presque ininterrompue de temples hindous, sikhs et tibétains, chacune des trois religions se manifestant à travers son architecture aux couleurs propres, allant de la blancheur crème des sikhs au jaune éclatant des tibétains, alors que les hindous se distinguent par le baroquisme des formes et l’exubérance des couleurs vives.

La pluie intervient assez rapidement pour nous priver du beau paysage et surtout nous pénétrer d’humidité. L’hôtel modeste, jadis pimpant, où nous sommes descendus, aujourd’hui décrépit mais propre, nous propose d’installer dans nos chambres un petit radiateur électrique moyennant un supplément de 150 roupies (3 euros) par jour – un supplément grandement apprécié par le corps et le mental.

Grande surprise pour une non-initiée de mon espèce : très haut dans la montagne (on s’y rend en taxi par une route très étroite et escarpée) on peut visiter des grottes qui furent jadis occupées par des ascètes, entre autres par le grand yogi indien Padmasambhava (c’est son nom sanscrit ; en tibétain : Guru Rinpoche) considéré comme un deuxième Bouddha par les Tibétains. Certaines grottes plus vastes et mieux aménagées (avec téléphone et électricité) sont encore habitées par des ermites de l’un et l’autre sexe, habitués à des visites de touristes; j’y croiserai un groupe de membres de la Société de Géographie de Paris.

Dans l’une de ces grottes, un peu à l’écart de la route macadamisée, vit en solitaire une jeune moniale très souriante, qui fut aidée dans ses études par l’un de nos « sponsors ». Elle n’hésitera pas à parcourir plusieurs fois à pied, pour nous revoir, l’imposant trajet qui sépare sa grotte de notre hôtel. Puis c’est Delhi, laissant à peine vingt-cinq kilomètres la ville de Chandigarh réalisée par Le Cor busier, que l’état de la route (en réfection, barrée elle exigerait un détour incompatible avec nos douze heures prévues pour atteindre l’hôtel retenu à Delhi). Puis les aéroports – départ et arrivée avec leurs interminables, harassantes files d’attente évitables (pourquoi à Roissy, à cinq heures du matin n’ouvrir que quatre sur les douze guichets qui permettraient d’évacuer normalement les foules que déversent l’un après l’autre les gros cargos alors que le précédent n’a pas encore été évacué ? Une heure de queue pour montrer son passeport quelques secondes… Puis à l’autre bout de l’aéroport la gare du TGV, sans queue cette fois et mon domicile moins de quatre heures plus tard.

Ai-je changé ? Le soir même du départ je me suis délibérément imprégnée, sans m’éloigner de l’hôtel, de l’active rue commerçante, des lumières, des bruits parfois cacophoniques, parce que je voulais surtout ne pas oublier… Je revis tranquillement ce voyage sans nostalgie. Que m’a-t-il apporté outre ces souvenirs humains et paysagers ? Aucune transformation révolutionnaire, mais une plus grande attention à cet « ici maintenant » du monde dans sa beauté. Un plus grand intérêt, plus de curiosité pour ceux qui m’entourent et pour les gens que je rencontre. Plus de calme et de tranquillité mais aussi toujours au bord de l’angoisse existentielle que nous nous efforçons d’étouffer par des engagements oiseux qui nous donnent bien à tort l’impression d’exister – la vraie vie est absente, disait Numero ; ailleurs. L’a-t-il vraiment trouvée ou même entrevue ?

En laissant les souvenirs et les impressions se décanter tranquillement je crois avoir compris le sens (et l’utilité) de ce : « Others first ». Surtout ni du stoïcisme ni encore moins du masochisme, mais un épanouissement de soi, une consolidation de soi dans des relations ouvertes sans crainte avec autrui. Après mon retour en France le directeur de l’une des écoles que nous avions visitées m’a fait parvenir un modeste thankha – beaucoup moins ouvragé que celui que je m’étais offert dans une boutique de Dharamsala – un beau travail exécuté par un moine, insistait le marchand.

Le modeste présent, qui représente un bouddha ou un bodhisatva en méditation, a immédiatement pris possession de mon cœur – comme une fillette, qui comparé à un superbe cadeau préfère une modeste poupée quelle traîne immanquablement avec elle… je me contente de la contempler en m’interrogeant sur l’étrange connivence entre cet ouvrage et une certaine joie. Je l’ai accrochée au-dessus de mon lit, et l’emmène avec moi en voyage roulée dans ma valise. Est-ce simplement le fait d’avoir reçu un cadeau inattendu lié au souvenir heureux d’une visite dans cette école ? Objets inanimés…

Je préfère dire : I shin den shin, de mon âme à ton âme. Message de Sa Sainteté le Dalaï-lama pour le 48ème anniversaire du soulèvement national tibétain «A l’ occasion du 48ème anniversaire du soulèvement pacifique du peuple tibétain à Lhassa, en 1959, je rends hommage à tous les Tibétains qui ont souffert et qui ont sacrifié leur vie pour la cause tibétaine. Je leur offre mes prières. J’exprime aussi ma solidarité à celles et ceux qui souffrent toujours de la répression et sont actuellement emprisonnés.

En 2006, nous avons constaté à la fois des changements positifs et négatifs en République Populaire de Chine. D’un côté, la ligne dure s’est intensifiée, avec notamment une campagne de dénigrement contre nous et, de manière encore plus inquiétante, le renforcement des mesures de contrôle politique et de répression au Tibet. De l’autre, en Chine même, la liberté d’expression s’est visiblement élargie. En particulier, l’idée s’est développée parmi les intellectuels chinois qu’il était nécessaire d’inventer une société plus pleine de sens, fondée sur des valeurs spirituelles.

L’opinion selon laquelle le système en place est inadapté pour créer une telle société, gagne du terrain. De là, le développement de la foi religieuse en général et de l’intérêt pour le bouddhisme et la culture du Tibet en particulier. De surcroît, beaucoup expriment le vœu que je puisse accomplir un pèlerinage en Chine et y donner des enseignements.

L’appel répété du Président Hu Jintao à une société harmonieuse est louable. La réalisation d’une telle société suppose au sein du peuple le développement de la confiance, ce qui ne peut se réaliser que lorsque règnent la liberté d’expression, la vérité, la justice et l’égalité.

Il est ainsi essentiel que les responsables, à tous les niveaux, non seulement approuvent ces principes, mais les mettent en pratique. En ce qui concerne nos relations avec la Chine, dès 1974 nous avons réalisé que l’occasion d’ouvrir le dialogue avec la Chine se présenterait inévitablement, un jour ou l’autre. Nous nous sommes préparés dans le but d’obtenir une véritable autonomie, en laquelle tous les Tibétains seraient unifiés, tel que le prévoit solennellement la constitution chinoise. En 1979, Deng Xiaoping a proposé qu’à l’exception de l’indépendance, les autres problèmes concernant le Tibet, puissent être tous résolus par la négociation.

Comme cela s’accordait à notre propre conception, nous avons opté pour la politique de la Voie Médiane, dans l’optique d’un bénéfice mutuel. Depuis, et durant les vingt-huit années qui ont suivi, nous avons poursuivi cette politique avec constance et sincérité. C’est après des discussions approfondies et des analyses sérieuses qu’elle a été formulée, avec pour objectif de servir les intérêts immédiats et à long terme des Tibétains, comme des Chinois. Elle sert également la coexistence pacifique en Asie et la protection de l’environnement. Cette politique a été approuvée et soutenue avec réalisme par de nombreux Tibétains, à l’intérieur comme à l’extérieur du Tibet, ainsi que par de nombreux pays.

La principale raison ayant motivé la proposition que j’ai faite d’une véritable autonomie régionale des nationalités pour tous les Tibétains est d’assurer une égalité véritable et de faire naître un sentiment d’unité entre Tibétains et Chinois, en éliminant le grand chauvinisme des Hans aussi bien que le nationalisme local. Cela devrait contribuer à la stabilité du pays, grâce à l’entraide, la confiance et l’amitié entre nos deux nationalités. Cela participera également au maintien de notre richesse culturelle et de notre langue, dans un juste équilibre entre développements matériel et spirituel, au bénéfice de l’humanité tout entière.

Il est exact que la constitution chinoise garantit aux nationalités minoritaires une autonomie régionale des nationalités. Le problème est que ce principe n’est pas pleinement mis en pratique. Ceci explique que son but, pourtant explicite, ne soit pas réalisé : protéger l’identité, la culture et la langue des nationalités minoritaires. Ce qui se passe sur le terrain, c’est que des populations entières appartenant aux nationalités majoritaires se sont installées dans des régions appartenant aux minorités.

En conséquence, les nationalités minoritaires, au lieu de pouvoir préserver leur propre identité, leur culture et leur langue, n’ont pas eu d’autres choix que d’adopter la langue et les coutumes de la nationalité majoritaire, et cela dans leur vie quotidienne. De là vient le danger d’une extinction progressive des langues et des riches traditions des nationalités minoritaires.

Il n’y a rien de mauvais en soi à vouloir développer des infrastructures, comme par exemple le chemin de fer. Néanmoins celui-ci est la source de bien des problèmes car depuis que la voie ferrée est devenue opérationnelle, le Tibet a connu une nouvelle augmentation du transfert de population chinoise, l’accélération de la détérioration de son environnement, l’augmentation de la pollution, du mauvais usage de l’eau et de l’exploitation des ressources naturelles, toutes causes de la dévastation du pays et de la ruine de ceux qui y vivent.

Bien qu’il y ait eu un certain nombre de membres du Parti communiste instruits et compétents, issus des nationalités minoritaires, il est regrettable que très peu d’entre eux aient obtenu des postes de direction au niveau national. Certains d’entre eux se sont même vus traités de séparatistes. Si l’on veut obtenir des bénéfices tangibles aussi bien pour les nationalités majoritaires que celles qui sont minoritaires, ainsi d’ailleurs que pour le gouvernement central et pour les gouvernements régionaux, il faut mettre en place une autonomie significative. Dans la mesure où cette autonomie concerne en particulier les nationalités minoritaires, la revendication de voir tous les Tibétains placés sous une seule et même administration est sincère, juste et transparente. Il est clair, aux yeux du monde, que nous n’avons pas d’objectifs cachés. C’est donc un devoir sacré pour tous les Tibétains de continuer la lutte jusqu’à la réalisation de cette exigence raisonnable.

Peu importe combien de temps cela prendra, notre ardeur et notre détermination demeureront inchangées jusqu’à l’accomplissement de nos aspirations. La lutte du peuple tibétain n’est pas un combat pour le statut particulier de quelques individus, c’est la lutte de tout un peuple. D’ores et déjà, nous avons transformé l’administration et la communauté tibétaine en exil en une structure authentiquement démocratique et qui a vu se succéder des dirigeants élus par le peuple lui-même. Ainsi avons-nous mis en place une institution profondément enracinée, ardemment sociale et politique, qui poursuivra notre lutte de générations en générations.

Finalement les décisions déterminantes seront prises démocratiquement par le peuple lui-même. Depuis la reprise de contacts directs entre les Tibétains et Chinois en 2002, mes représentants ont mené cinq sessions de discussions larges et approfondies avec les représentants de la République Populaire de Chine en charge du dossier. Au cours de ces discussions, les deux parties ont pu exprimer en termes clairs leur méfiance, leurs doutes, et les vraies difficultés qui persistent de chaque côté. Ces sessions de discussions nous ont néanmoins aidés à créer un courant de communication entre les deux parties. La délégation tibétaine se tient prête à poursuivre le dialogue à tout moment, en tout lieu. Le Kashag (Cabinet) donnera des détails dans son propre discours.

Je félicite toutes les Tibétaines, tous les Tibétains qui, au Tibet, membres du Parti communiste, dirigeants, responsables, professionnels et autres, ont maintenu l’esprit tibétain en poursuivant consciencieusement leurs efforts dans l’intérêt du peuple tibétain. J’exprime mon admiration profonde pour les Tibétaines et les Tibétains au Tibet qui, en dépit de toutes les épreuves, ont œuvré pour préserver l’identité tibétaine, la culture et la langue.

J’admire leur détermination et leur courage inébranlables dans la réalisation des aspirations du peuple tibétain. J’ai la certitude qu’ils continueront à lutter pour notre cause commune avec dévouement et détermination. Je demande à tous les Tibétains à l’intérieur et à l’extérieur du Tibet de travailler dans l’unité pour un avenir sûr fondé sur l’égalité et l’harmonie entre les nationalités.

Je voudrais saisir cette occasion pour remercier du fond du cœur le peuple et le gouvernement de l’Inde pour sa générosité et son soutien inébranlables et incomparables. J’exprime toute ma gratitude aux gouvernements et aux peuples de la communauté internationale pour leur intérêt et le soutien qu’ils apportent à la cause tibétaine. Avec mes prières pour la paix et le bien-être de tous les êtres.

Le paradoxe de notre âge
Nous avons des maisons plus grandes mais des familles plus petites ;
plus de facilités mais moins de temps.
Plus de diplômes mais moins de bon sens ;
Plus de savoir mais moins de jugement ;
plus d’experts, mais plus de problèmes
plus de médicaments mais moins de santé.

Nous sommes avons déjà marché sur la lune mais nous avons du mal à traverser la rue Pour rencontrer notre nouveau voisin. Nous construisons plus d’ordinateurs pour contenir plus d’informations produire plus de copies que jamais mais nous avons moins de communication. Nous sommes devenus longs pour la quantité mais courts sur la qualité. Nous pratiquons les fast foods mais digérons lentement ; L’homme est plus grand mais plus petit est son caractère ; Les profits sont hauts mais les relations sont superficielles. Nous vivons dans un temps où il y a beaucoup de chose à voir en vitrine mais rien à l’intérieur.

Une Précieuse Vie Humaine Chaque jour, au réveil, pensez : Quelle chance de m’éveiller aujourd’hui ! Je suis vivant, j’ai une précieuse vie humaine. Je ne vais pas la gaspiller Je vais utiliser toutes mes énergies pour me développer, ouvrir mon coeur aux autres, atteindre l’éveil pour le bénéfice de tous les êtres.

J’aurai des bonnes pensées envers les autres. Je ne me mettrai pas en colère, Ni ne penserai mal des autres. Je vais être bénéfique aux autres autant que je le pourrai. Le sens véritable de la vie Nous sommes des visiteurs sur cette planète. Nous sommes ici pour quatre-vingt- dix Ou cent ans au plus. Durant cette période, nous devons essayer de faire quelque chose de bon quelque chose d’utile de notre vie. Si nous contribuons au bonheur des autres nous aurons trouvé la vraie finalité,

Le sens véritable de la vie
Ne renoncez jamais
Peu importe ce qui arrive
Ne renoncez jamais
Développez le coeur
Trop d’énergie dans votre pays
est dépensée à développer l’intelligence
au lieu du coeur
Développez le coeur
Pratiquez la compassion
pas seulement envers vos amis
mais pour tous
Pratiquez la compassion
Travaillez pour la paix
dans votre coeur et dans le monde
Travaillez pour la paix
et je dis à nouveau
Ne renoncez jamais
Quoi qu’il arrive
Peu importe ce qui se passe autour de vous
Ne renoncez jamais.»
His Holiness the XIVth Dalai Lama…

Guides de voyage en l’Inde

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Deux jours dans le désert en Inde, Un français partageant son expérience de voyage dans le désert du Rajasthan

« Lorsque la nature fait le vide en toi, tu peux entendre le ciel et les étoiles te parler… Ecoute, tout simplement… »

J’ai finalement renoncé à mon trek pour ce week-end. Personne pour m’accompagner à 3600mètres, une mousson qui gâche le paysage… reporté ! Mais je ne vais pas manquer de profiter de ces mini-vacances ! Encore trois jours, on ne sait plus qu’en faire !?Je commence à avoir besoin de me poser un peu… mais pas cette semaine. Demain, je pars en train. Où ? Loin, je n’aurais pas toujours l’occasion de profiter de trois jours ! Mais en s’y prenant la veille… Je tente toute les combinaisons possibles avec un départ vendredi soir et un retour mardi matin et trouve finalement une ville : Bikaner.

Après quelques recherches sur Internet, il se trouve que cette ville évitée par les touristes constitue la porte du désert du Thar… ou se trouve en son cœur, selon les sources. Nous verrons bien. C’est parti!

Mais les réservations en ligne s’avèrent plus compliquées que prévu (merci HSBC ! Et bien sûr, mes conseillères sont en vacances !?Sans rancune) et je me retrouve avec finalement un aller simple.

Tant pis, je volerai un chameau!

je ne quitte chez moi, sans aucune idée de la distance de la gare qu’une heure et demie avant le départ du train C’est la panique ! Trois changements de ligne de métro, quinze arrêts, une foule toujours aussi nombreuse qui se tasse dans un escalator triple de cinquante mètre de long impressionnant (il n’y a pas d’escaliers, qu’est-ce que ça doit être quand il est en panne !), un chauffeur de rickshaw qui ne connait pas la route et quelques jurons bien choisis (un avantage des langues étrangères !) et me voilà à sauter dans le train au moment où il prend son élan. Au moins, faute d’avoir eu le temps de visiter la gare, je suis allé à la bonne et je n’ai pas eu à courir à l’autre bout du quai à chercher mon wagon, il m’a suffi d’attendre qu’il passe devant moi…

Ce train est bien différent de celui de Madagascar mais tout aussi dépaysant ! Ma voiture (Sleeper, ce qui est en dessous de la 3 ème classe !) ressemble vaguement au train couchette français… sauf qu’il n’y a pas de compartiments. Ben oui, c’est plus convivial d’entendre ronfler tout le monde.

Une rangée perpendiculaire est aussi casée de l’autre côté du couloir et, chose surprenante, alors que dans le métro, les femmes disposent si elles le veulent de compartiments qui leur sont réservés, ici, les wagons sont totalement mixtes. Ayant enfin posé mon stylo, et pour résister à la tentation de chatouiller les orteils de mon voisin de couchette qui dépassent en s’agitant comme par provocation, je délaisse mes barreaux de fenêtre pour aller me pencher à la porte qui, elle, étrangement, reste ouverte, et profiter de l’air nocturne.

Le réveil est rude ! A 6h50 un type braillard tout en jaune passe dans les couloirs avec un tambourin ! Je ne sais pas ce qu’il voulait mais je lui aurais bien rebalancé quelques jurons bien français ! Enfin… quitte à être réveillé, je profite d’une gare pour aller inspecter les autres wagons. Mince, ils ont disparus ! On a apparemment perdu les 1 ère et 2 nde classe au cours de la nuit!

Pour ce qui est de la troisième, à part qu’ils sont équipés de portes fermées qui maintiennent emprisonnées un air froid et que quelques rideaux leur confèrent un peu plus d’intimité, elle n’est pas très différente de la nôtre. Ici, les gares sont vides et le charme de celles de Madagascar avec leur multitude de vendeurs tous spécialisés dans le même produit me manque un peu…

En remontant dans le train, je fais connaissance avec ma vieille voisin d’en dessous et des deux gamins d’à côté, avec qui je partage désormais la banquette, puis reprends mon poste d’observation à la porte d’où je redécouvre les grandes plaines ponctuées de nombreux arbres au milieu desquels poussent quelques sporadiques pieds de maïs, voilées régulièrement par les nuages noirs que laisse échapper la locomotive… La terre se dessèche peu à peu et laisse place au sable. Le désert approche!

Une fois à Bikaner, je quitte les deux enfants avec qui j’ai bien sympathisé et rejoins la guesthouse de Vinod que j’ai repéré pour ses délicates chambres à 3€, son accueil apparemment unique et ses promenades en chameau (bah oui, quitte à être là, ça va être dur d’y échapper !) Je suis accueilli par sa fille dans une maison superbe et très chaleureuse.

J’ai droit à un thé et à un petit cabanon dans le jardin, au bord d’une terrasse qui entoure un carré d’herbe parfaitement entretenu. Seul client actuellement, je suis présenté au reste de la famille (la seconde fille, le fils et les parents). Nous discutons un moment et là, les histoires loufoques recommencent!

Le père, avisant ma guitare (quel instrument magique pour les rencontres !) m’explique que lui fait un autre type d’instruments à cordes qu’il n’a malheureusement pas ici et beaucoup de percus. La guitare sort de sa housse et un petit concert privé s’improvise, Vinod tapant dans tous les sens avec un rythme endiablé. Rapidement, l’harmonica se joint à la musique tandis que le frère filme le tout.

Un ami débarque alors que le père prend un coup de fil, et me dit en riant que je vais finir sur leur site et dans le journal. Je rigole avec lui avant de comprendre… que ce n’est pas une blague ! Mon hôte est en train d’appeler la presse ! Vingt minutes plus tard, on vient me cherche dans ma « hutte » transformée en loge pour l’occasion.

Les journalistes mènent la danse!

C’est impressionnant à constater et je ne pensais pas faire cette expérience en Inde. Me voilà transformé en bête de cirque ! Un énorme objectif braqué sur moi, on me fait jouer différents morceaux puis on me pose un tas de questions dont on n’écoute pas les réponses. J’ai l’impression qu’ils réinventent ma vie. On me demande si j’ai déjà joué d’autres instruments avec l’harmonica et la guitare, si je compte composer des chansons en Hindi, si je rêve de jouer cinq ou six instruments en même temps… Que voulez-vous que je réponde ?… Mais de toute façon, la réponse n’a aucune importance. Seule la question compte.

Le journaliste écrira ce qu’il a envie. « Il a tout pouvoir ». Ça m’a vraiment frappé et je redoute maintenant de voir son papier. Bon par contre, désolé Philippe, j’ai bien évoqué La Clé des Solsune fois ou deux mais je doute que ça apparaisse au final !?Je ne suis même pas sûr qu’il arrivera à orthographier Les Pirates Médusés correctement ! Va-t’en leur expliquer le jeu de mots en anglais!

Pas possible, qui a choisi un nom pareil ? Je me rends ensuite au fort de Junagadh duquel les Maharadjas successifs et notamment le grand Ganga Singh dirigeaient leur état.

Muni de mon audioguide (en français s’il vous plait !) que j’ai évité de payer en sympathisant avec le gardien (^^), je remonte le temps pour quelques instants et me retrouve à la cour du suzerain. Les senteurs, les musiques et les lumières des fêtes qui se donnaient en ces lieux majestueux résonnent à mes oreilles et envahissent mon esprit, redonnant vie à ces pièces au luxe colossal et pourtant arboré avec goût et finesse.

De la chambre à l’atmosphère romantique au bureau duquel le Maharadja gérait ses affaires, en passant par les inévitables salles d’armes qui rappellent que Ganga Singh était d’abord et avant tout un stratège implacable, maître d’héroïques divisions de chameliers, notamment durant la Première Guerre Mondiale, tout respire la majesté.

Guerrier, gentleman politicien, intellectuel mais aussi artiste compositeur et visionnaire, celui qui a apporté l’eau dans le désert par le canal qui porte son nom, celui qui, dès 1886 a apporté l’électricité dans cette région prospère grâce à lui et… inventé pour son palais l’un des premiers ascenseurs (!), a laissé partout son empreinte imposante et vénérée.

Je profite vers 15h de la vieille ville que la richesse de la région (et le peu de tourisme ?) n’ont pas manqué de préserver dans un état de joyeux Moyen-âge qui fait mon plus grand bonheur. Je passe un très bon moment avec le patron d’un café qui m’aborde sur la route et me fait visiter son établissement (oui oui, « visiter un bar » !), le temple attenant et son atelier d’artisanat sans jamais me pousser à acheter, puis termine par la ferme expérimentale nationale qui étudie le dromadaire, favorise son développement et donne des conseils aux éleveurs.

D’ailleurs, tout le monde parle ici de chameaux mais il ne s’agit bien partout que de dromadaires si j’ai bien retenu ma leçon : « cha-meau », deux bosses, « dro-ma-daire », trois… euh, non, ça fait trop!

Je déguste un chai (enfin, deux puisque mon chauffeur de rickshaw, comme tous les indiens, refuse celui que je lui offre) à l’excellent lait de « camel » (d’ailleurs, quel est le cousin deu « chamelier » en français ? Le dromadelier ?) et apprend tout un tas de choses passionnantes.

Saviez-vous par exemple que le chameau de Bikaner produit 800g de poils par an contre seulement 750 pour celui de Jaisalmer ? Ouhlala !

Enfin rentré, je suis installé comme un pacha dans un fauteuil, les orteils en éventail au milieu du havre de paix que forme « mon » jardin, sous la fraicheur reposante des étoiles, un délicieux lassis à la banane dans une main, ma guitare dans les deux autre… Aaaaahhhhh, que la vie est dure !!
Ce matin, je suis tiré du lit à 7h15 (bon, ok, 8h mais c’est parce que je n’ai pas entendu mon réveil sonner…) par le journal qu’on me brandit sous le nez. Mais bon, en hindi, il faudra encore que je trouve un traducteur…

Pour l’heure, j’engloutis en vitesse du pain de mie avec de la confiture (!) pour la première fois depuis deux mois puis saute dans un rickshaw qui, après une heure de route me dépose… à côté d’un chameau sellé ! Il était inévitable en venant ici de tenter une exploration du désert ! Alors, après de longues négociations avec Vinod, puisqu’il n’est pas commun de ne pas partir avec un groupe de touristes (absents en cette saison), nous trouvons un arrangement. Un guide-cuito et son fils, deux chameaux, un peu d’eau, et moi.

Rejetez les images classiques du désert, dunes de sable fin, oasis de palmiers et… rien à l’infini. Elles viennent spontanément à l’esprit, mais je ne suis pas ici dans le Sahara !

jaisalmer camp desert india

Dans ce « semi-désert » le relief est moins prononcé et la végétation sèche et rase ou les quelques arbres tordus me font plus penser à une savane africaine, à un désert mexicain ou… aux bords de mer du Touquet (!)… mais étalés sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés. La charrette, à laquelle je n’ai pu échapper, où se trouvent le matériel et Harphool, mon guide, suit des pistes déjà tassées par des milliers de passages (à travers les siècles?).

Si cela hôte le charme de l’impression de solitude qu’il y a peut-être dans les dunes vierges du Sahara, on y revit très facilement, en gommant les poteaux électriques la première heure, le voyage des caravanes antiques qui passaient ici depuis des milliers d’années, menant vers d’autres contrées ou vers la mer les richesses de ce royaume.

Bercé par le ballottement nonchalant de ma monture, je découvre de loin en loin des maisons solitaires perdues au milieu de nulle part qui cultivent quelques lentilles, du sésame ou du millet survivant grâce aux rares puits dans lesquels se baignent les iguanes.

Quelques chansons aux lèvres, la guitare dans les bras, rafraichis par un petit vent bienfaiteur dans ces espaces immenses et paisibles, nous avançons au fil des rencontres avec les rares gamins qui agitent les bras en lançant de grands « Tata! Tata! », les antilopes ou les buffles sauvages que nous apercevons au loin.

A midi, nous dételons les chameaux sous un arbre décharné et allumons un petit feu de cuisine. Je pèle les pommes de terre et une bonne dizaine de gousses d’ail, tandis que Harphool prépare les chappattis, les galettes de farine qui servent à la fois de pain et de cuillères.

Rejoints par trois agriculteurs de passages sur malgré le repas délicieux, je me fais disputer par le en chef lorsque je refuse de me resservir pour la quatrième fois. Il profite alors vicieusement de mon trajet jusqu’à notre réserve d’eau pour remplir à nouveau mon assiette ! La vaisselle faite… au sable, une petite sieste plus tard, nous voilà repartis… Ah bah non ! Il paraît qu’il fait trop chaud…

Comme si je n’avais pas remarqué ! Mais c’est perpétuel ici ! Je m’assois un moment et observe les nuages comme je ne l’ai pas fait depuis longtemps. Ici, un chameau semble étendre son cou (Amusant comme notre imagination est influencée par notre état d’esprit…). Là, je vois plutôt un bateau qui semble gonfler ses voiles. Il est des phénomènes que la science explique merveilleusement bien, qui me passionnent et que j’aime manipuler, bricoler, traficoter. Mais lorsque je vois ces gros blancs d’œufs battus en neige suspendus au dessus de nos têtes et modelés par la nature (le meilleur des artistes), je me dis qu’il est bon que certains restent mystérieux et gardent un peu de leur magie pour continuer à nous émerveiller…

Bon allé, la sieste, ça va un moment mais il parait qu’on est là jusque 16h, et je ne compte pas m’ensabler ! Alors, en avant ! Tandis que mon guide s’est assoupi et que son fils essaie de déchiffrer les caractères étranges de ma partition d’Asturias, je pars à la chasse aux antilopes… sans succès. Je reviens les mains vides, avec juste une petite souris toute mignonne dans la boîte.

Au fil de l’après-midi, je découvre la monotonie du voyage.

Un ballottement. Un autre. Droite… gauche… droite… indéfiniment. C’est lent… Alors, je m’invente des jeux. Je laisse la charrette prendre un peu d’avance sous le prétexte que ma monture déguste un buisson pour la lancer ensuite au pas de course. J’ai l’impression d’être quand même un peu trop bridé et j’imagine sans peine les immenses caravanes obligées d’aller au rythme du plus lent sur des centaines de kilomètre. Heureusement qu’il y avait du monde pour discute !

Chemin faisant, je découvre aussi l’immensité du désert, ou du Pays de la Mort comme on le nomme ici. Sec partout. Du sable et des buissons à perte de vue. Comment se soucier du reste du monde dans cette immuabilité ? «  A dos d’chameau (papalapalapa), on s’en fait pas trop (pa-palapapa)…  » Hélas, le soir voit revenir les poteaux électriques et j’ai bien du mal à capturer le coucher du soleil entre les fils. Avec un appareil phot, nous devenons nous aussi journalistes. « Je veux un beau coucher de soleil ». On ne garde pas les images de la vérité mais celle de « notre » réalité… Mais finalement… en écrivant ces lignes je me pose la question : Notre esprit n’agit-il pas de même ? Il doit être un peu journaliste lui aussi…

Après une nouvelle chasse plus fructueuse celleci, la journée se termine par un délicieux repas que nous partageons avec un couple suédois, qui viennent de nous rejoindre, et une veillée guitare sous les étoiles au coin du feu. En regardant les constellations sur l’air de « montée là-haut », je repère les trois points alignés de la ceinture d’Orion qui me rappellent une nuit d’été. Bon-Papa, c’est toi qui me les avait montrées la première fois…

Laissant la tente aux amoureux, couché sur une étoffe épaisse avec pour seule couverture l’infini de l’univers, mon esprit s’évade peu à peu… Bonne nuit ! Ce matin, j’ai construit un château de sable. Faut-il perdre l’innocence de notre enfance en grandissant ? Aujourd’hui, quoi que je fasse, j’essaie de le faire le plus fonctionnel possible, opérationnel, optimisé. Eh bien, non. Bien sûr, certains diront que ce château répondait lui-aussi à un but : me prouver que je pouvais encore le faire. Mais au moment où je creusais le sable fin pour trouver un peu d’humidité, non. Je creuse tout simplement, m’encrassant les ongles avec bonheur.

Comme d’habitude, je dois m’y reprendre à trois fois avant de parvenir à faire un « tunnel » qui serve de porte d’entrée. Quant au pont qui doit enjamber la douve unique qui protège l’avant (ben oui, pourquoi les ennemis attaqueraient pas les autres côté s’il n’y a pas de portes !), j’y renonce rapidement. Il me faudrait un meilleur architecte.

Pour compléter le tout, il faudrait que je creuse un canal jusqu’à la mer pour amener l’eau dans les douves. Mais ici, la mer est loin ! Je préfère y faire pousser un petit roncier. (Merci Guédelon !) Mon fort protège une petite touffe d’herbe. Il n’est pas beau.

J’ai passé un bon moment à le faire, sans réfléchir au pourquoi, à le bâtir de mes mains d’enfant et à le modeler grain par grain. Il est magnifique.

Le sable à ceci de merveilleux qu’il est comme une ardoise géante. On peut à volonté effacer et recommencer. Alors j’écris, de la pointe de mon plus beau doigt tous ces mots que je ne dis pas et dont l’empreinte restera à jamais enfouie dans le désert…

Le chameau est un animal stupide et capricieux ! Stupide parce que, discipliné, si on le laisse faire, il suit bêtement les animaux de tête. Et s’il se retrouve en tête… perdu il fait des tours sur lui-même ! Et capricieux parce que, pire qu’un canasson, lorsque je tire une rêne, il tire encore plus fort dans l’autre sens. Imaginez un peu ! La conduite n’est pas aisée.

Et je n’ai pas encore non plus trouvé d’autre moyen pour l’arrêter que de l’envoyer dans un arbre au risque de rayer la carosserie. Où est la pédale de frein ? Harphool a beau m’expliquer qu’il suffit de faire « pfou-pfou », et j’ai beau essayer en me bavant dessus autant que possible, la dégustation de buisson reste le plus efficace ! Essayez donc de prendre une photo d’une jolie gazelle lorsque vous êtes continuellement balloté d’avant en arrière !

J’ai également enfin pu tenter le galop mais, après qu’on m’ait expliqué que ma méthode « cavalière », debout sur les étriers, mains serrées sur la poignée de la selle pour l’équilibre, n’était pas la bonne, je tente la leur, bras repliés sur la poitrine, coudes tendus pour battre des ailes, pieds sortis des étriers… et je me fais balancer en tout sens. Je crois que je me suis déplacé un ou deux vertèbres. Finalement, le pas 9 nonchalant n’est pas si mal… du moins pour la prochaine heure !?

Au cours de notre dernière pause, nous sommes rejoins, pour partager un ultime chai au lait de chamelle directement puisé à la source locale, par trois enfants du désert, probablement attirés à la vue de notre convoi.

Je suis totalement fasciné par ces fillettes au visage volontaire, aux yeux déterminés qui, malgré qu’elles n’aient surement jamais rien vu d’autre que le sable ont probablement vécu des choses que je ne pourrais jamais imaginer. L’une d’elle m’impressionne particulièrement avec sa mine farouche et ses cheveux sauvages. Je suis incapable de détourner mon regard de son visage, de même qu’elle semble hypnotisée par le mien.

Dans le reflet de ses yeux profonds, ce n’est pas la misère qu’affichent ses vêtements que je distingue. Ce n’est pas non plus de la jalousie ou une quelconque mendicité.

J’y aperçois du courage, de la force et une indicible envie de vivre, tout simplement. Je suis intimidé par ses yeux presque adultes au cœur de ce visage d’enfant qui semble me rendre ma curiosité. Mais passé les premiers contacts gelés et les premières jauges, à défaut des ballons de baudruche que je regrette, je ressors l’instrument magique.

Je ne crois pas avoir vécu de meilleurs moments en Inde que ces quelques instants où, sans un mot, je montre à cette petite fillette assise tout contre moi comment gratter délicatement les cordes.

Tandis que mes doigts retrouvent leurs positions coutumières, les siens font s’envoler avec douceur quelques notes qui se perdent dans le ciel… magique…

Allongé au milieu du désert, le sable fin pour matelas, un tissus sur le visage pour se protéger du soleil qui noircit (ou brûle ?) tout ce qui dépasse, une douce musique aux oreilles, il m’est bien difficile de me dire que je ne suis pas en vacances ! Et pourtant, la fin arrive doucement. Je remercie une dernière fois mon guide au rire si agréable avec ses intonations africaines.

Malgré son visage creusé par le sable et le soleil, le vieil homme fait encore preuve d’un dynamisme surprenant. Le Thar a beau le tenir le plus souvent éloigné de sa femmes, de ses huit enfants (il voulait un fils, il a persévéré!), et avoir usé ses traits, il ne lui arrachera jamais sa vitalité.

Une belle image de la force de l’humanité. Après un dernier regard, je tourne le dos au désert…

Avant de remonter dans le train, je m’octroie un petit crochet pas le village de Deshnok, célèbre pour son temple unique en Inde où des centaines de pèlerins viennent honorer… les rats sacrés!

Pataugeant dans les déjections des rongeurs qui pullulent, chacun vient améliorer son karma en offrant à ces charmantes petites bêtes sucreries et autres gâteries. Résultat : rendus pacifiques et presque domestiques, les rats se multiplient au plus grand plaisir des visiteurs.

Si la plupart du temps ce sont eux qui me grimpent sur les pieds naturellement nus en ce lieu sacré, ou me lèchent les orteils, je finis quand même par en piétiner un (ben oui, ça devait arriver à force de courir partout !) dans un « schcouic » qui m’attire probablement le mauvais œil.

Heureusement, je compense en apercevant le fameux rat blanc censé apporter bonheur et prospérité. (boh, ça marche pas trop mal!) Il parait que tous ces rongeurs seraient les réincarnations des musiciens qui, ô joie, évitent ainsi l’obscurité du royaume des morts. Il fait bon être guitariste au pays des cent mille dieux!

En rejoignant la gare où je ferai connaissance de Naresh, un Indien qui fait toue les semaines la route entre Delhi et Bikaner pour revoir sa famille, je prends un dernier repas dans une cantine populaire de Deshnok, dans un cafouillis incroyable.

Avec un menu entièrement en hindi, les cuistos qui ne parlent pas un mot d’anglais, ont l’air de dire que je ne peux pas prendre la même chose que les autres clients.

Impossible de leur demander de quoi sont composés les plats aux noms indéchiffrables et s’ils doivent être accompagnés de riz ou de chappattis. Lorsque j’essaie de montrer une ligne au hasard, on me baragouine une suite de syllabes qui semblent vouloir dire non.

Au moment où je fais mine de m’en aller, agacé, on m’amène un plat semblable à du yaourt, étrange mais délicieux (du Rayalta semble-t-il) que j’ai la surprise de découvrir froid, accompagné d’un excellent lassis aux fruits secs. Bon ben… ça me va!

La petite anecdote du moment :

En prenant sa voiture, bloquée par une autre garée perpendiculairement, j’ai découvert une nouvelle étrangeté du pays. Ici, les gens se garent sans frein à main. Ainsi, lorsqu’une voiture nous gêne pour sortir… on la pousse tout simplement?

Mise en route – Voyage au Nepal

Peu de pays se prêtent aussi bien au tourisme indépendant que le Népal. On peut se présenter à la frontière ou à l’aéroport de Katmandou, obtenir un visa et un permis TIMS pour le trekking, et être dans l’Himalaya en quelques jours seulement. Il y a cependant tellement de choses à voir et à faire qu’il est bon de se livrer à quelques préparatifs avant de partir, ne serait-ce que parce que les retards, les annulations et les obstacles imprévus font partie de la vie quotidienne au Népal. Après une décennie de guerre civile, les choses reviennent enfin à la normale et le tourisme connaît un remarquable essor. Lors de la dernière mise à jour de ce guide, de nombreux lodges avaient du mal à attirer les clients. Aujourd’hui, ce sont les voyageurs qui rencontrent des difficultés pour trouver des lits…

Quand partir

En gros, le Népal connaît deux saisons : la saison sèche, d’octobre à mai, et la saison humide (mousson), de juin septembre. L’automne (de septembre à novembre) et le printemps (de mars à mai) offrent des températures agréables en journée, un ciel dégagé permettant d’admirer les montagnes et un temps idéal pour faire du trekking, du rafting ou simplement explorer la vallée de Katmandou. Pour plus d’informations sur la période propice au trekking, reportez-vous. Octobre et novembre sont les mois idéaux pour le tourisme. Juste après la mousson, la campagne est luxuriante, l’air, vif et limpide, et les vues sur l’Himalaya, nettes et dégagées. Il peut cependant être difficile de trouver une place sur les vols internationaux et intérieurs, et les hébergements affichent rapidement complet, ce qui est particulièrement agaçant quand on a confié ses bagages à son hôtel pour partir en randonnée. Pensez absolument à réserver ! N’oubliez pas non plus qu’en octobre, la fête annuelle de Dasain paralyse tout le pays. Début décembre, l’hiver commence à se faire sentir et la plupart des randonneurs renoncent aux sentiers de haute altitude. Rejoindre le camp de base de l’Everest demande alors beaucoup d’endurance et le trek du tour des Annapurnas est souvent bloqué par la neige au Thorung La.

Même dans la vallée de Katmandou, il fait parfois très froid quand le soir tombe, et le brouillard du matin peut chambouler les horaires des avions. En décembre, les touristes commencent à déserter la capitale comme des oiseaux migrateurs en partance pour les cieux plus cléments de l’Inde ou de la Thaïlande. C’est cependant le moment idéal pour profiter dans le calmedes parcs nationaux du Teraï. Le printemps, de mars à mai, est la seconde période la plus agréable. Le temps se radoucit à l’approche de la mousson et les sentiers de trek sont moins encombrés qu’en automne, même si la couverture nuageuse vient parfois amoindrir la visibilité. C’est le moment d’admirer les superbes rhododendrons aux couleurs vives du Népal.

Mai et début juin sont à éviter en raison de l’approche de la mousson. Une humidité et une chaleur pénibles règnent dans le Teraï et la vallée de Katmandou, avec des températures dépassant 30°C. La mousson semble planer comme une menace dans le ciel. En raison de son altitude moins élevée, Pokhara connaît un climat plus doux et plus plaisant que Katmandou en hiver, mais plus chaud avant la mousson et plus humide pendant cette dernière.

De mi-juin à septembre, la mousson s’abat sur le pays, faisant fuir pratiquement tous les touristes. Le rafting devient dangereux, les sentiers se transforment en champs de boue, les inondations et les glissements de terrain coupent les routes, les parcs nationaux ferment, les montagnes disparaissent derrière les nuages et les sangsues sortent en force. Si vous êtes en quête de paysages montagneux, partez plutôt pour le Tibet ou le Ladakh, en Inde. D’un autre côté, il y a moins de voyageurs pour gâcher le calme et la tranquillité des lieux et de nombreuses fêtes hautes en couleur ont lieu en août et septembre.

Ne partez pas sans…

  • Un masque antipollution, indispensable à Katmandou si vous envisagez de louer une moto ou un vélo.
  • Des bouchons d’oreille pour les déplacements en avion à turbopropulseur et en bus, et au cas où votre hôtel ferait face à une discothèque…
  • Un stick labial avec écran solaire : si vous faites du trekking, vos lèvres gerceront en quelques minutes sous l’effet du vent et du soleil.
  • Des chaussures de marche – les acheter au Népal est le plus sûr moyen d’avoir des ampoules. n Un imperméable et un parapluie solide pour les trombes d’eau de la mousson ou les averses soudaines.
  • Un bon cadenas pour fermer votre chambre d’hôtel et les casiers mis à disposition dans les temples et musées, et pour accrocher vos bagages dans le bus.
  • Une lampe de poche pour les coupures de courant et les envies pressantes la nuit en randonnée.
  • Du répulsif contre les insectes dans le Teraï (et de l’huile contre les sangsues en période de mousson).
  • Un maillot de bain pour le rafting, le kayak, le canyoning, le bain des éléphants, sans oublier la baignade !
  • Une bouteille d’eau réutilisable et des tablettes d’iode pour purifier votre eau, économiser de l’argent et protéger l’environnement.

le pays est-il sûr  ?

Comparé aux pays occidentaux, le Népal est incroyablement bon marché, même si les prix commencent à augmenter à mesure que l’économie se redresse après les difficiles années de la “guerre du peuple”. Le prix des voyages en bus est dérisoire et vous trouverez presque partout des hébergements qui ne vous coûteront même pas le prix d’un café chez vous. Les restaurants sont également très peu chers, sauf à Katmandou où les établissements pour touristes tendent à s’aligner sur les tarifs occidentaux.

Si vous faites du trekking, la nourriture constituera votre plus grosse dépense. Peu de lodges facturent plus de 200 Rs la nuit, mais le dîner et le petit-déjeuner peuvent facilement dépasser 1 000 Rs, surtout si vous commandez de l’alcool. Les guides et les porteurs ont également augmenté leurs tarifs, après des campagnes menées par les maoïstes pour inciter les habitants des zones rurales à se faire correctement rémunérer. Cela permet de réparer une longue injustice, mais signifie aussi que les treks coûtent plus cher qu’autrefois.

À titre indicatif, en choisissant les hébergements les moins chers et en adoptant le régime alimentaire népalais (du daal bhaat deux fois par jour), on peut vivre avec 5 à 10 $US par jour, mais il ne reste alors plus grand-chose pour payer les droits d’entrée dans les parcs nationaux et les sites historiques. Si vous faites un trekking, comptez entre 7 et 12 $US par jour si vous voyagez sans porteurs et sans guides et logez dans les “maisons de thé”, mais 15 $US si vous avez envie de vous offrir une bière avec votre dîner. Pour les treks organisés, le budget à prévoir dépend du nombre d’accompagnateurs, de la destination et du niveau de luxe souhaité ; prévoyez au moins 25 $US par jour.

Si vous mangez dans des restaurants pour touristes, logez dans des hôtels plus confortables, visitez les musées et les sites historiques et prenez un taxi de temps en temps, votre séjour vous coûtera entre 15 et 20 $US par jour. Pour un hôtel de catégorie moyenne, des déplacements en bus touristique ou en taxi et des activités organisées comme le rafting, le trekking en groupe ou le parachutisme, comptez de 40 à 60 $US. Dans les centres touristiques comme Katmandou ou Pokhara, l’argent semblera vous filer entre les doigts tant les tentations sont nombreuses : ajoutez 30% à votre budget normal. Inversement, les occasions d’achat sont rares dans les montagnes : vos seules dépenses seront l’hébergement, les repas et une tasse de thé de temps à autre.

Pendant l’insurrection maoïste, beaucoup d’hôtels offraient de grosses remises, mais cette pratique est beaucoup moins répandue aujourd’hui. Si on peut souvent négocier une réduction pour un séjour de plusieurs jours, les établissements sont moins enclins à accorder des ristournes significatives à présent que les touristes reviennent en masse. Il est plus facile d’obtenir une réduction en basse saison, de décembre à janvier et de juin à septembre.
Lors d’un trek, on peut convaincre les lodges de baisser le prix de la chambre en acceptant de prendre ses repas sur place. La plupart des hôtels et des restaurants de catégorie moyenne et supérieure ajoutent 13% de TVA et 10% de service aux tarifs affichés. De ce fait, le pourboire devient beaucoup moins courant.

Bhoutan : Un Royaume Captivant

Prix ​​de départ: €1,780.00

Duración: 11 jours/10 nuits

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